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Alfa Romeo 75 V6 3L0 America 162B

Alfa Romeo 75 V6 3L0 America 162B
1987 – 4 cyl. en ligne 16V
150 ch – 209 km/h
1 390 kg

Alfa-Romeo peut aller de l’avant après son rachat et intégration délicate au sein du groupe Fiat. Première surprise agréable, les dirigeants de la firme au Biscione mette le fabuleux V6 maison sous le capot de sa berline 75 lancée initialement en 1985. L’Alfa 75 V6 3.0 America conserve toujours ce profil étonnant avec sa malle arrière rehaussée. Les boucliers sont beaucoup plus gros et enveloppants donnant un aspect plus cossu et moderne, et comme toute sportive issue de la grande série qui se respecte, les extensions d’ailes, discrets bas de caisse et becquet arrière sont de la partie. L’ensemble reste séduisant, mais quelque peu daté face aux plus modernes Peugeot 405 MI16 par exemple. Ainsi dotée, l’Alfa Romeo 75 V6 3.0 America vient apporter une offre peu commune dans le petit monde des berlines sportives, que seuls Mercedes-Benz, Audi et BMW offraient jusqu’alors…

L’Alfa-Romeo 75 V6 3.0 America prend de la noblesse et de la voix. Avec son bel organe (comprenez son V6 3 litres), la 75 V6 3.0 America offre un ensemble charmant faisant mieux accepter l’âge réel de ses artères et un comportement routier brouillon. Mais quel son !!…

Alfa Romeo a pris en magasin le V6 2.5 litres déjà vu sous le capot des Alfa 6, Alfa 90 et Alfetta GTV V6. Mais ici la cylindrée gagne 467 cm3 par une augmentation de l’alésage et de la course. Tout alu, il est surmonté d’une culasse à deux double arbres à cames en tête et est équipé d’une injection électronique. Les valeurs affichées sont certes intéressantes, mais pas si pointues rapportées à la cylindrée, Alfa Romeo ayant pris le parti d’un caractère souple et agréable plus que sportif et dans les tours. Ainsi les 188 ch sont disponibles à 5 800 tr/mn avec un rapport de 63,53 ch/litre et le couple maxi est atteint à 3 000 tr/mn dont 215 Nm sont déjà là à partir de 1 000 tr/mn ! Vous avez dit souplesse ?… Et en prime, ce V6 3 litres, en plus d’être beau à admirer sous le capot, est dotée d’une sonorité mélodieuse et envoûtante qui aurait entrainé en son temps Ulysse et ses marins vers les rochers. Le réservoir passe de 49 à 68 litres pour garantir un minimum d’autonomie (environ 500 km), la consommation moyenne tournant autour des 13-14 litres/100 km. L’Alfa-Romeo 75 V6 3.0 America, quoique de nature bourgeoise (elle laisse le sport aux Alfa 75 1.8 Turbo et 75 Twin Spark), sait faire bouger les aiguilles rapidement avec une vitesse maxi de 225 km/h (pourtant pénalisée par un Cx d’un autre temps), et le kilomètre départ arrêté est avalé en 28’’9. Une jolie performance confirmant que sur longue distance, rien ne vaut du couple et de la cylindrée. La puissance est délivrée aux roues arrière à l’antique pont de Dion, mais passe d’abord par une boîte de vitesses à 5 rapports accolée audit pont avec des freins à disques pleins en sortie de boîte pour diminuer le poids des masses non suspendues. Une boîte dont l’étagement s’accorde à merveille avec ce moteur à la sonorité maison si flatteuse, et dont la commande accroche moins que par le passé. Les disques de freins sont ventilés à l’avant avec un système antiblocage en option. Si la décélération est suffisante, les freinages appuyés à répétition démontrent une endurance précaire. L’Alfa-Romeo 75 V6 3.0 America n’est pas particulièrement svelte avec 1 306 kg sur la bascule, soit 100 ch de plus que la Twin Spark et tout sur l’avant. Entre les voies étroites, l’empattement aussi court que les porte-à-faux sont imposants, et le déséquilibre du poids sur l’avant, l’Alfa Romeo 75 V6 3.0 sous-vire dès que l’on force le rythme. Pas dangereuse certes, mais pas du tout efficace, même en se bagarrant au volant, rien n’y fait. Non son truc elle, c’est la ballade rapide en dégustant le V6 dans toutes les situations… L’amortissement ne sera d’aucun secours pour améliorer la précision de la tenue de route puisqu’il est typé confort, un plus pour les passagers. L’habitacle reste mesuré et ce qui agace d’emblée est la position de conduite peu optimale. La planche de bord, à défaut de convaincre sur son dessin et sa finition, est complète tant en instrumentation qu’en équipement de série. A noter qu’avec l’augmentation du réservoir d’essence (Cf. plus haut), le coffre perd 120 dm3 pour tomber à 380 dm3 ce qui est trop juste pour une familiale. Du velours en guise de sellerie, un volant trois branches siglé Alfa-Romeo, l’Alfa Romeo 75 V6 3.0 America cherche à séduire également dans son intérieur, et une fois admis les standards d’habitabilité et de finition plus Transalpins que Outre-Rhin, on se laisse prendre au jeu. A la condition d’accepter également une insonorisation moyenne dès que la vitesse augmente.

Notre avis
Alfa-Romeo reste maître dans l’art d’accommoder les restes et de faire du neuf avec du vieux. Dans le cas de l’Alfa Romeo 75 V6 3.0 America, on est séduit par ce beau V6 3 litres, si fort en prestation, qui sait toujours se faire entendre. Le comportement routier n’est pas à la hauteur de cette mécanique de feu, mais les techniciens d’Alfa-Romeo ont opté pour une posture plus confort et Grand Tourisme que sport qu’ils réservent aux versions Turbo et Twin Spark. Certes, la berline de sport milanaise n’est pas la meilleure offre du moment car elle possède quelques défauts (amortissement, finition, commande de boîte, âge de ses artères), mais assurément elle dégage ce supplément d’âme qui séduit le passionné et lui inculque le virus à vie. Ensuite, plus jamais il ne parlera d’Alfa-Romeo avec objectivité. Et ce n’est pas le moindre des compliments que l’on peut faire à cette Alfa 75 V6 3.0 America…

Autres versions :
Alfa-Romeo 75


Les Rivales :
Berline Sport 1980, 1987

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Avant d’acheter
Les Alfa-Romeo 75 ont connu un beau succès, y compris en France étant des modèles charnières dans l’histoire de la marque. Alfa Romeo a produit 9 526 exemplaires de version V6 3.0. Encore propulsion, l’Alfa 75 a su conquérir un public avide de berlines sportives et de caractère. Mais malgré ce succès, les Alfa 75 ont d’abord connu une période noire dans les bas-fonds des petites annonces. Une fois passée cette étape, bon nombre d’exemplaires sont partis à la casse ou ont terminé rongé par la corrosion. Car c’est bien le mal chronique des Alfa des années 60, 70 et même 80 : la rouille. L’inspection du modèle convoité sevra être scrupuleuse sur ce point et rien ne devra être épargné : dessous de caisse, bas de caisse, ailes AV & AR, baie de parebrise, portières, malle de coffre… bref tout quoi ! Comme toute Alfa contemporaine, l’électricité peut être farfelue. Il faut également inspecter les flectors de transmission qui peuvent prendre du jeu, ainsi que les synchros de première et deuxième rapports qui souffrent assez vite. Le V6 3 litres est fiable et peut franchir de gros kilométrages supérieurs à 200 000 km, mais il nécessite un entretien ad-hoc par des pros qui savent, et avec une huile de très bonne qualité. La rançon d’une mécanique raffinée. Enfin, l’habitacle assez bâclé en finition (tant matériaux qu’assemblages) est à surveiller de près. Si les propriétaires n’ont pas été soigneux, l’habitacle sera très dégradé…


Mots clés : Alfa-Romeo |75 | 3 litres | V6 | 162B | America | Milan | Berline Sport | Autodelta | ALFA-ROMEO | 75 V6 3.0 AMERICA | BERLINE | BERLINE SPORT

✔ TOP Moteur !! ǀ Sonorité grisante ǀ Confort ǀ Direction ǀ Performances honnêtes ǀ Equipement de série ǀ Instrumentation complète ǀ Alfa Propulsion ǀ Commande de boîte en progrès ✖ FLOP Sous-virage chronique ǀ Comportement brouillon ǀ Finition ǀ Position de conduite ǀ Endurance freinage ǀ Amortissement « confort » ǀ Capacité du coffre ǀ Poids

 

Fiche Technique

Marque :
Gamme :
Année :
PA – Prix neuf :
Moteur :
Puissance :
Couple :
Suralimentation:
Transmission :
Poids (RPP) :
Freins :
Roues :
Performances :
Alfa-Romeo
75 V6 3.0 America (162B)
1987
16 CV – 139 000 FF
6 cylindres en V 12 soupapes (2×2 ACT) –2 959 cm3
188 ch à 5 800 tr/mn (63,53 ch/litre)
245 Nm à 3 000 tr/mn (82,78 Nm/litre)
non
traction + BV5 manuelle
1 306 kilos (6,95 kg/ch)
2 disques ventilés AV et 2 disques pleins AR + ABS (option)
jantes alu 14″ + pneus en 195/60 R14 AV et 195/60 R14 AR
0 à 100 km/h en ND; 225 km/h, km DA en 28ʺ9

Textes : Morgan Goupil (Alis Webzine) – Photos : D.R


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