Alpine A110 1500 VA
1966 – 4 cyl. en ligne 8V
82 ch – 190 km/h
700 kg
Inchangée dans ses trains roulants, l’Alpine A110 1500 adopte un quatre cylindres de 82 ch pour un esprit plus Grand Tourisme. Mais est-ce le genre qui lui sied le mieux ? Pas si sûr…
Le moteur est positionné longitudinalement en porte-à-faux arrière. Pris à la Renault 16, et prévu pour la Lotus Europa, ce quatre cylindres est tout alu avec des soupapes en tête et un arbre à cames latéral placé très haut dans le carter et entraîné par chaine. Le vilebrequin tourne sur cinq paliers. A noter que pour l’Alpine A110 1500 ce moteur reçoit quelques modifications comme un arbre à cames plus pointu, un taux de compression qui passe de 8,6 à 10,25:1, une nouvelle tubulure d’admission et un carburateur Weber double corps compound vertical de 35. A noter également le filtre à huile en dérivation et le radiateur d’huile est placé à l’arrière de la voiture. A noter que le radiateur de liquide de refroidissement a migré à l’avant de l’auto, influençant positivement la répartition des masses, comme c’est déjà le cas sur les berlinettes Alpine de compétition. Accouplé avec ce moteur à l’encombrement réduit, une boîte manuelle à 4 rapports est de série. Pour le 5e rapport, il faut accepter de rallonger la note. Les performances (190 km/h) sont correctes rapportées à la puissance, car l’Alpine peut compter sur sa finesse et surtout son poids plume de 700 kilos. Mais pour une berlinette, on reste un peu sur sa faim côté chrono, notamment avec le kilomètre départ arrêté supérieur à 33 secondes. Le châssis poutre et ses tubes noyés dans la carrosserie en polyester (qui participe donc à la rigidité de l’ensemble) accueille les quatre roues indépendantes. Reprises intégralement à la Renault 8 Gordini, on trouve donc à l’avant des triangles superposés de longueurs inégales et à l’arrière un essieu brisé et quatre amortisseurs télescopiques. L’avant a le droit à une barre antiroulis de série (et de ses 2 amortisseurs) tandis que l’essieu arrière en est privé, sauf en option, pour des raisons d’efficacité de tenue de route. En effet, sur route, entre le carrossage très prononcé de l’essieu arrière, l’absence de barre antiroulis et l’essieu brisé, l’Alpine A110 1500 glisse de la poupe pour enrouler dans les virages et surtout permettre au pneu extérieur au virage de bien travailler sur toute sa bande de roulement. La méthode au volant (avec une direction à crémaillère au top) est finalement assez simple : en entrée de courbe l’arrière glisse et d’un contrebraquage de volant mesuré et un contrôle de l’accélérateur l’Alpine enroule la courbe avec vitesse et grâce pour sortir du virage plus vite encore. Diaboliquement efficace, pour qui a le mode d’emploi et de la place sur la route. Les quatre freins à disques Bendix répondent présents, et peuvent être équipés d’une assistance en option, mais semblent un poil juste en endurance face à ce surcroît de performances. L’accès à bord n’est pas très aisé, mais la position de conduite est excellente. La planche de bord a été redessinée depuis l’A110 1300 avec entre les deux gros cadrans (compte-tours et tachymètre) le manomètre de pression d’huile, le thermomètre d’eau et l’ampèremètre. Si on apprécie le soin plus particulier sur les garnissages (moquettes et selleries), on aimerait dans certaines postures des baquets plus enveloppants. Stricte deux places, il est possible d’utiliser l’espace arrière pour y entreposer des bagages. Si le confort de suspensions est étonnant et permet de rouler longtemps sans fatigue ou presque, et le bruit moteur est (presque) discret. Dans les options indispensables, il faut retenir le parebrise chauffant avec ses résistances intégrées, faute de quoi la buée deviendra votre meilleure ennemie, surtout que la visibilité latérale n’est pas des plus excellentes. L’équipement de série reste chiche avec beaucoup d’options, sans même parler de détails choquants à ce niveau de prix comme l’absence de rétroviseur jour/nuit, miroir de courtoisie, accoudoirs ou de boîte à gants.
Autres versions :
Alpine A110
- Alpine A110 1300 G
- Alpine A110 1300 S
- Alpine A110 1300 V85
- Alpine A110 1600 SX
- Alpine A110 Tour de France
Les Rivales :
GT Sport 1960, 1966
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Avant d’acheter
Les Alpine ont la cote en France. Et particulièrement les Alpine A110 auréolées de nombreuses victoires en championnat du monde des Rallyes, et véritables « filles » du fondateur Jean rédélé. Ainsi, les collectionneurs étrangers fortunés s’arrachent ces petites autos (souvent) bleues à prix d’or. Le prix d’achat devient donc désormais peu accessible à beaucoup de passionnés qui se rabattent souvent sur d’autres modèles comme les R8 Gordini, R12 Gordini ou Alpine A310. Les Alpine A110 1500 n’ont été commercialisées que de 1967à 1968 dans des quantités limitées (42 exemplaires). En trouver une relève alors de la recherche du Graal et ne s’adresse qu’à l’amateur inconditionnel… Désormais très connues des spécialistes, tous les défauts des A110 sont répertoriés : corrosion possible du châssis poutre, état de la carrosserie en polyester aléatoire et pas à la portée du premier carrossier venu, réglages des trains roulants à contrôler, scruter toute trace de choc suite à une sortie de route (fréquentes pour le néophyte et pas que en raison de la nervosité du train arrière qui semble vouloir toujours passer devant…), soucis électriques et de masse défaillante, finition parfois bâclée… Dans les bonnes nouvelles, toutes les pièces existent et la communauté Alpine est très soudée et possède des mines d’informations et renseignement. Comme toujours dans le monde des Voitures de Sport de caractère, il convient de se décider autant devant l’auto convoitée que devant des preuves tangibles d’un entretien suivi et d’un nombre de propriétaires cohérents. La mécanique doit être celle d’origine… ; attention à bien vérifier que la berlinette en vue n’a pas été « upgradée », voire même équipée d’un moteur jamais utilisé en son temps (un R5 Alpine par exemple). Enfin, les Alpine A110 nécessitent un entretien par des mécaniciens avertis, à commencer par le réglage moteur et du carburateur double corps… Bon à savoir.
Entretien : ND
Mots clés : Alpine | Renault | A110 | Berlinette | 1500 | Dieppe | Tour de France | Coupé Sport | GT | Grand Tourisme | ALPINE | A110 1500 | COUPE SPORT | COUPE
| ✔ TOP Bouille !! ǀ Image ǀ Poids ǀ Palmarès en compétition ǀ Mécanique simple ǀ Maniabilité ǀ Confort de suspension ǀ Souplesse du moteur R16 ǀ Présentation intérieure ǀ Direction ǀ Consommation | ✖ FLOP Equipement de série ǀ Performances moyennes ǀ Freinage ǀ Visibilité latérale ǀ Boîte 5 en option ǀ Détails de finition ǀ Prix ǀ Tenue de cap en ligne droite ǀ Aspects pratiques absents |
Fiche Technique
| Marque : Gamme : Année : PA – Prix neuf : Moteur : Puissance : Couple : Suralimentation: Transmission : Poids (RPP) : Freins : Roues : Performances : |
Alpine A110 1500 1966 8 CV – 20 690 FF 4 cylindres en ligne 8 soupapes (1 ACL) –1 470 cm3 82 ch à 6 000 tr/mn (55,78 ch/litre) 108 Nm à 4 000 tr/mn (73,07 Nm/litre) non propulsion + BV4 manuelle (BV5 manuelle en option) 700 kilos (8,97 kg/ch) 2 disques pleins AV et 2 disques pleins AR jantes acier 15″ + pneus en 146 x 380 AV et 146 x 380 AR 0 à 100 km/h en ND; 190 km/h, km DA en 33ʺ2 |
Textes : Arthur Fox (Alis Webzine) – Photos : D.R