X

Aston-Martin DB11 V12 AMR

Aston-Martin DB11 V12 AMR
2018 – V12 48V Biturbo
639 ch – 330 km/h
1 765 kg

Après un retour réussi l’année dernière, l’Aston Martin DB11 V12 passe par l’atelier AMR (Aston Martin Racing) qui travaille en parallèle du département Q. Le premier s’occupe d’améliorer les performances des Aston Martin de route en tirant notamment les enseignements de la course tandis que le deuxième se charge des personnalisations et versions spéciales. Un passage chez AMR après une seule année de commercialisation ?! Aston-Martin est en mouvement, et prend en compte toutes les remarques. Et aussi belle et désirable sous les traits de l’équipe de Marek Reichman, l’Aston-Martin DB11 V12 méritait néanmoins quelques séances de mise au point pour mettre totalement son amortissement au diapason de sa plastique aussi réussie qu’inédite. Surtout qu’avec sa petite sœur, la DB11 V8, moins lourde, la DB11 V12 marquait quelque peu le pas en matière d’agilité et d’amortissement en conduite sportive. Autant les distances sport coulés façon Grand Tourisme, la DB11 V12 y excelle, mais dès que l’on attaque des routes tortueuses et à la chaussée dégradée, la conduite est nettement moins efficace. Il est difficile de différencier la DB11 V12 AMR de sa sœur « standard », car les détails de style sont rares, surtout si vous refusez les bandes fluo qui sont optionnelles. Seuls quelques éléments sombres permettent de vous faire gagner au jeu des sept erreurs. Même par rapport à une V8, ce n’est pas si évident, et heureusement que la V12 a son capot ajouré (pour laisser évacuer la chaleur) pour mieux la reconnaître…

Aston-Martin peaufine sa copie avec la DB11 V12 AMR : plus de chevaux, des performances en hausse, et surtout un châssis revu par AMR pour offrir une conduite plus dynamique et réactive sans perdre son âme de GT. Disons que désormais c’est un GT encore plus réussie…

Une base historique à l’ère Ford avec une synergie Jaguar ? C’est exactement la génétique de ce V12 qu’Aston-Martin a souhaité conservé (et non prendre un V12 AMG suite au partenariat avec Daimler). Mais depuis la DB11, pour des raisons évidentes d’homologation, le downsizing a également sévi et laissé le gros 6 litres atmosphérique au placard. Dommage pour l’empreinte sonore et les envolées dans le compte-tours qui faisait oublier toute la partie dépassée techniquement des DB9 (boîte auto, télématique embarquée antédiluvienne). La cylindrée a donc diminué de 5 935 cm3 à 5 204 cm3 par la réduction de la course (de 79,5 mm à 69,7 mm). Caché sous ses croisillons jouent les barres antirapprochements, ce V12 conserve tous les raffinements techniques de son prédécesseur : deux double arbres à cames en tête, 48 soupapes (4 par cylindres), calage variable de la distribution, et même l’« Economy Run » qui coupe une rangée de cylindres pour baisser la consommation en conduite relax. Pour accroître le niveau de puissance, la pression des deux turbocompresseurs Mitsubishi est poussée à 1,7 bar. Le V12, même downsizé offre donc 31 ch supplémentaires pour atteindre 639 ch à 6 500 tr/mn. Le couple reste quasi inchangé avec 700 Nm dès 1 500 tr/mn. On note également au passage une cartographie inédite et un échappement moteur plus sonore. Pour encaisser cela, la boîte automatique ZF à 8 rapports n’est pas de trop et est dimensionnée pour résister aux assauts du V12. Logiquement, selon Aston-Martin, les performances montent encore d’un cran avec un 0 à 100 km/h en 3’’7 et une vitesse maxi de 334 km/h (l’Aston-Martin la plus véloce du moment ?!). L’Aston-Martin DB11 V12 AMR conserve le principe des trois modes (« GT », « Sport » et « Sport+ ») qui permettent de moduler à l’envie amortissement, réponse à la pédale des gaz, direction et gestion de boîte. Le mode « GT » est pour l’usage courant et satisfait pleinement, mais malgré le badge « AMR », la conduite reste chaloupée. Le mode « Sport+ » en fait trop et montre un amortissement toujours à parfaire. Finalement, ce qui sied le mieux à la DB11 V12 AMR c’est le réglage « Sport » qui permet de goûter aux améliorations apportées : ESP recalibré et plus efficace, un amortissement mieux tenu sans sacrifier le confort de roulement qui fait partie inhérente du concept Grand Tourisme, et la boîte ZF qui a été revue pour l’occasion. Evidemment, pas de surprises, il faut toujours composer avec un poids trop conséquent (autour des 2 tonnes avec tous les liquides embarqués, Aston Martin annonçant 1 870 kg à sec) la conduite d’une Aston-Martin DB11 V12 AMR est aux antipodes d’une Lotus Elise ou d’une GTI. Néanmoins, le soin apporté aux trains roulants apporte un vrai plus à la conduite et atténue cette sensation de lourdeur avec un train arrière qui motrice mieux et est mieux tenu. Pour ce résultat, les techniciens anglais ont raidis de 10% les amortisseurs pilotés Bilstein, grossi les barres antiroulis de +0,5 mm de diamètre. Pour un meilleur toucher de route, le poids des masses non suspendues a été réduit avec des jambes forgées plus légères de 13,5 kilos. L’effort est louable et porte ses fruits. Côté freinage, c’est la bonne nouveauté avec un système Brembo composé de quatre disques ventilés acier au diamètre généreux dont la puissance de décélération et l’endurance donne pleinement satisfaction. Avec son V12 toujours placé en position longitudinale centrale avant (très près du parebrise), avec la boîte ZF dans le prolongement, la DB11 V12 AMR profite d’un ratio entre les deux essieux de 51% AV/49% AR. Les pneumatiques Bridgestone S007 spécifiques à la DB11 sont en dimension conséquente : 255/40 ZR20 AV et 295/35 ZR20 AR. Volant en main, l’Aston-Martin DB11 V12 AMR fait ressentir le bienfondé des efforts de l’équipe Aston Martin Racing. Le conducteur est plus en lien avec la route qu’auparavant, même s’il faut garder à l’esprit que vous êtes à bord d’une GT de 2 tonnes et non d’une supersportive à la réactivité tranchante. Le train arrière qui s’est assagi apporte un regain de confiance en conduite plus dynamique y compris pour celui qui n’est pas pilote de course. Enfin, la tenue de cap en ligne droite à très (très !) haute vitesse est intimidante. L’habitacle étonne et séduit. Etonnement car les lignes intérieures restent finalement assez banales pour ne pas dire anonymes. Certes, la qualité des matériaux et de la finition sont de très haut niveau, mais on attendrait quelque chose de plus exclusif ou singulier dans le dessin à l’image de ce que propose Lexus avec sa LC500 par exemple ou McLaren dans un autre genre. Il faut véritablement jouer avec les coloris du nuancier pour créer une atmosphère spécifique. L’équipement de série est pléthorique et la position de conduite irréprochable. Les places arrière semblent plus anecdotiques ou dévolues à des bagages additionnels qu’à des occupants de la race humaine. Enfin, la touche (c’est le mot !) Mercedes-Benz est bien visible avec une télématique reprise à l’identique, tandis que le combiné d’instruments est maintenant totalement digital comme cela se pratique de plus en plus à la concurrence. Aston-Martin a repris le train en marche de l’infotaitment comme le disent les marketeurs, et tant pis s’il fallait faire son marché à Stuttgart…

Notre avis
Après 2 années de commercialisation et 4 500 exemplaires vendus, l’Aston-Martin DB11 V12 évolue tant mécaniquement que dans ses trains roulants. Gaydon a entendu les critiques, notamment sur un amortissement et des trains roulants qui pourraient être encore amélioré. Et c’est tout le rôle dévolu à l’Aston Martin DB11 V12 AMR qui remplace d’ailleurs la V12 au catalogue. Plus puissante encore (en avait-elle réellement besoin ?), sa tenue de route s’est très nettement améliorée avec un amortissement revu, une gestion variable plus efficace, et un raidissement de l’ensemble pour conférer une conduite plus dynamique et surtout plus connectée entre le conducteur et l’asphalte. Une réussite certes, mais qui a ses limites sur une GT de deux tonnes dont la vocation est avant tout les grands voyages plus que les track days. Cela, elle le laisse à la dernière Vantage.

Autres versions :


Les Rivales :

  • Aston Martin DB11 V12
    L’Aston-Martin DB11 V12, c’est le tocsin qui sonne le renouveau de la firme de Gaydon. Après de nombreuses années en attente de décision, c’est à coup de séries spéciales qu’Aston-Martin a su prolonger une gamme vieillissante qui pouvait s’appuyer sur une esthétique intemporelle et une image de marque inébranlable. Vous nous ferez remarquer à juste ...
  • Aston-Martin DB11 V8
    Aston-Martin s’est réveillé et de fort belle manière ! A la traine de ses rivaux directs (Ferrari, Porsche, Lamborghini, Bentley, AMG, Maserati,…), c’est en longueur que le design si plaisant des années 2000 ainsi que ses V8 et V12 maison atmosphériques et gutturaux ont été conservés par la noble firme de Gaydon. Seuls son charme, ...
  • Aston-Martin Vanquish 2012
    Aston Martin poursuit sa politique de gamme avec le retour de la Vanquish pour 2012. Pas de révolution de palais pour cette génération, mais avant tout des évolutions techniques héritées de ses sœurs, à commencer par la rare One-77 ! On retrouve donc la ligne dont la silhouette est commune aux Virage, DB9, V8 et ...

Avant d’acheter
L’Aston-Martin DB11, en version V8 ou V12, est avant tout réservée à une élite. Son tarif d’emblée est le péage d’entrée qui sélectionne, mais pas uniquement, car il faut également « oser » assumer l’achat et l’usage d’une Aston-Martin. Résultat, les véhicules à vendre sur le marché de la voiture de sport, notamment dans l’hexagone, est relativement marginal, vous imposant soit une certaine patience, soit vous obligera à vous tourner vers les marchés étrangers. Passer par un professionnel reconnu est assurément un plus et vous protégera contre un mauvais achat, ou, à défaut, vous permettra de vous retourner contre une officine qui a pignon sur rue dans l’hexagone. Logiquement, les Aston-Martin DB11 ne foulent pas les circuits pour les track days, ce qui permet de les préserver encore mieux et vous garantit de tomber sur un bel exemplaire lors de l’achat. L’essentiel est de ne retenir que des autos dont l’entretien a été prouvé et confirmé dans le réseau officiel Aston-Martin. Conservez à l’esprit que les coûts d’entretien sont exorbitants pour les modèles de la firme de Gaydon, à commencer par les consommables qui souffrent autant du poids élevé que du couple à digérer. Vérifiez également le style de conduite pour éviter toute mauvaise surprise sur la boîte de vitesses ZF et de l’état de son convertisseur de couple qui a fort à faire. Enfin, sachez que la remise en état de la carrosserie ne peut être que l’affaire de professionnels (très) avertis. Vous voilà prévenu, n’est pas James Bond qui veut !…
Entretien : ND


Mots clés : Aston-Martin |AM | DB11 | V12 | GT | Grand Tourisme | AMG | Gaydon | ASTON-MARTIN | DB11 V12 | COUPE SPORT | GRAND TOURISME

✔ TOP Design typique Aston et inédit ǀ Comportement routier (plus) efficace ǀ Performances ǀ Confort de roulement ǀ Présentation moderne chic et moderne ǀ Télématique (enfin) à jour ǀ Position de conduite ǀ Détails extérieurs de styles charmants et nombreux ǀ Equilibre de comportement (répartition des masses idéale) ǀ Equipement de série ǀ Image ǀ V12 « maison » au caractère toujours présent ǀ Prestige total !! ǀ Freinage Brembo ✖ FLOP Poids très (trop !) élevé ǀ Tarif (in)conséquent ! ǀ Places arrière symboliques ǀ Amortissement (toujours !) ǀ Réseau SAV éparse ǀ Boîte auto imposée ǀ Style intérieur trop anonyme ? ǀ Sous-virage trop marqué ǀ Tenue de cap à très haute vitesse


Fiche Technique

Marque :
Gamme :
Année :
PA – Prix neuf :
Moteur :
Puissance :
Couple :
Suralimentation:
Transmission :Poids (RPP) :
Freins :
Roues :
Performances :
Aston-Martin
DB11 V12 AMR
2018
53 CV – 220 432 €
12 cylindres en V 48 soupapes (2×2 ACT) – 5 204 cm3
639 ch à 6 500 tr/mn (122,79 ch/litre)
700 Nm à 1 500 tr/mn (134,51 Nm/litre)
2 turbocompresseurs Mitsubishi (Ø 1,76 bar) + échangeur air/eau
propulsion + BV8 automatique ZF + différentiel autobloquant AR piloté + ESP + ASR
1 765 kilos à sec (2,76 kg/ch à sec)
2 disques ventilés AV et 2 disques ventilés AR + ABS
jantes alu 20″ + pneus en 255/40 ZR20 AV et 295/35 ZR20 AR
0 à 100 km/h en 3’’7; 330 km/h, km en ND

Textes : Benjamin de la Renardière (Alis Webzine) – Photos : D.R


La rédaction de Guide des Sportives:
Related Post