Aston Martin DB11 V8
2017 – V8 32V Biturbo
510 ch – 300 km/h
1 705 kg
Comment renouveler sans se dénaturer ? L’Aston-Martin DB11 répond à cette équation avec maestria et style. Et sous le capot, un V8 inédit fruit de la collaboration avec AMG vient apporter une nouvelle corde à son arc…
Cachez ce V8 que je ne saurais voir ? Certes, le partenariat avec Daimler a pu laisser perplexe et faire craindre une perte de caractère typiquement Aston. Néanmoins, ce partage est plus subtil qu’il n’y paraît et ceux qui redoutent d’avoir une AMG GT en guise de DB11 en seront pour leurs frais. Certes, le bloc moteur est repris directement à Affalterbach (fief d’AMG), mais beaucoup de modifications spécifiques ont été apportées au V8 4,0 litres à la double suralimentation (et ses échangeurs air/eau). L’admission, l’échappement, ainsi que la lubrification (terminé le carter sec de l’AMG GT) sont à titre d’exemple spécifiques et développés par Aston-Martin. Tout le haut moteur recèle ce qui se fait de mieux en ce moment avec deux doubles arbres à cames en tête entraînés par chaînes, une injection directe d’essence évoluée, 4 soupapes par cylindres… Placé en position centrale avant longitudinalement, il est secondé par une boîte de vitesses automatique ZF à 8 rapports, tranchant ainsi délibérément avec la boîte à double embrayage de sa cousine germaine, la Mercedes-Benz AMG GT. Moins réactive dans les changements de rapports, cette transmission automatique, dictée par le marché américain qui préfère la douceur de transmission des « vraies » boîtes auto à convertisseur de couple, fait néanmoins une excellente impression. Idéalement mariée à ce V8 goulu et au couple très généreux (675 Nm dès 2 000 tr/mn), elle égrène les rapports dans une douceur en phase avec l’esprit Grand Tourisme qui anime l’Aston Martin DB11 V8. Quoique lourde (1,7 tonnes), mais moins que la V12 (-115 kg), l’Aston-Martin DB11 V8 fait parler les 510 ch à 6 000 tr/mn de son V8 biturbo car les chronos s’affolent : 300 km/h en vitesse maxi et un 0 à 100 km/h en 3’’9 secondes. Et tout cela dans une sonorité, certes différente de l’antique V8 Aston, mais qui flatte les sens et est plus ou moins volubile en fonction des modes retenus : « GT », « Sport » et « Sport+ ». Ces trois modes ont également une influence sur les réglages de direction, l’amortissement et la gestion de la boîte auto ZF. Basé sur la nouvelle plateforme Aston-Martin qui est commune à la plupart des modèles, l’Aston-Martin DB11 V8 reçoit ainsi des trains roulants évolués avec des doubles triangles forgés à l’avant et un train arrière multibras. Voilà qui transforme le comportement routier de la DB11 comparé à sa devancière. Plus efficace, plus sereine, elle marque encore le pas face à la concurrence en raison d’un amortissement pas à la hauteur des évènements. Certes, les différents modes permettent de jouer avec les variations d’amortissement, mais dans tous les cas de figure, c’est trop souple dans les phases d’attaque, conférant un train arrière très nerveux dans les réaccélérations franches. La conduite sur circuit n’est assurément pas sa vocation, même si la DB11 V8 brille par un équilibre de comportement en raison d’une architecture générale qui autorise un 50/50 de répartition de poids entre les deux essieux. Plus généralement, la conduite dynamique type « sport-coulé » semble son domaine de prédilection, et la DB11 fait étalage d’une sportivité et agilité plus affirmée que la Mercedes S63 AMG Coupé ou la Bentley Continental GT V8. Pour plus de verve sportive, il faudra se tourner vers la turbulente Vantage. L’Aston-Martin DB11 V8 peut également compter sur des pneus Bridgestone Potenza S007 (!) spécialement développés pour elle dont les dimensions généreuses (255/40 ZR20 AV et 295/35 ZR20 AR) lui assurent une sérieuse emprise sur le bitume. Le freinage est confié à quatre disques ventilés généreusement dimensionnés et complété d’un ABS. Suffisant en usage courant, même musclé, la prudence est de mise sur un usage intensif type circuit, le poids ayant vite raison d’eux et du liquide de frein. D’ailleurs, il est à noter une course de pédale de frein assez désagréable et déroutante. Les aides à la conduite usuelles sont de série (ESP et ASR) et viennent habilement complétées un différentiel autobloquant piloté. La motricité est ainsi excellente même lorsque les conditions se dégradent, à la condition de conserver à l’esprit que vous avez une propulsion de 510 ch sous le pied droit… L’habitacle change de style que par le passé, mais reste soigné et de très haut niveau. Même si on doit admettre que la présentation reste par trop anonyme alors que Bentley par exemple semble s’envoler vers des sommets de finitions et de style. Après tout, dans le conducteur d’une Grand Tourisme attend aussi beaucoup plus du style intérieur que d’une supersportive. Les plus observateurs remarqueront une télématique déjà vue chez Mercedes-Benz (écran, console tactile de sélection…). Après tout, pourquoi s’en choquer ? Les sièges baquets permettent un compromis confort et position de conduite parfait, tandis que l’équipement de série est complet. Dans l’inédit, on remarque qu’Aston-Martin fait désormais appel à un combiné d’instruments entièrement digital comme c’est déjà le cas chez Audi et Lamborghini. Qu’importe, le résultat est probant et l’ambiance à bord vous rappelle bel et bien que vous roulez dans une Aston-Martin, dont la vocation de Grand Tourisme est bien réelle.
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Avant d’acheter
L’Aston-Martin DB11, en version V8 ou V12, est avant tout réservée à une élite. Son tarif d’emblée est le péage d’entrée qui sélectionne, mais pas uniquement, car il faut également « oser » assumer l’achat et l’usage d’une Aston-Martin. Résultat, les véhicules à vendre sur le marché de la voiture de sport, notamment dans l’hexagone, est relativement marginal, vous imposant soit une certaine patience, soit vous obligera à vous tourner vers les marchés étrangers. Passer par un professionnel reconnu est assurément un plus et vous protégera contre un mauvais achat, ou, à défaut, vous permettra de vous retourner contre une officine qui a pignon sur rue dans l’hexagone. Logiquement, les Aston-Martin DB11 ne foulent pas les circuits pour les track days, ce qui permet de les préserver encore mieux et vous garantit de tomber sur un bel exemplaire lors de l’achat. L’essentiel est de ne retenir que des autos dont l’entretien a été prouvé et confirmé dans le réseau officiel Aston-Martin. Conservez à l’esprit que les coûts d’entretien sont exorbitants pour les modèles de la firme de Gaydon, à commencer par les consommables qui souffrent autant du poids élevé que du couple à digérer. Vérifiez également le style de conduite pour éviter toute mauvaise surprise sur la boîte de vitesses ZF et de l’état de son convertisseur de couple qui a fort à faire. Enfin, sachez que la remise en état de la carrosserie ne peut être que l’affaire de professionnels (très) avertis. Vous voilà prévenu, n’est pas James Bond qui veut !…
Entretien : ND
Mots clés : Aston-Martin |AM | DB11 | V8 | GT | Grand Tourisme | AMG | Gaydon | ASTON-MARTIN | DB11 V8 | COUPE SPORT | GRAND TOURISME
| ✔ TOPDesign typique Aston et inédit ǀ Comportement routier efficace ǀ Performances ǀ Confort de roulement ǀ Présentation moderne chic et moderne ǀ Télématique (enfin) à jour ǀ Position de conduite ǀ Détails extérieurs de styles charmants et nombreux ǀ Equilibre de comportement (répartition des masses idéale) ǀ Equipement de série ǀ Image ǀ Perte de poids vs la V12 | ✖ FLOP Endurance freinage ǀ Poids élevé ǀ Tarif conséquent ǀ Places arrières symboliques ǀ Amortissement ǀ Réseau SAV éparse ǀ Course de la pédale de frein ǀ Boîte auto imposée ǀ Style intérieur trop anonyme ? |
Fiche Technique
| Marque : Gamme : Année : PA – Prix neuf : Moteur : Puissance : Couple : Suralimentation: Transmission :Poids (RPP) : Freins : Roues : Performances : |
Aston-Martin DB11 V8 2017 40 CV – 185 546 € 8 cylindres en V 32 soupapes (2×2 ACT) – 3 982 cm3 510 ch à 6 000 tr/mn (128,08 ch/litre) 675 Nm à 2 000 tr/mn (169,51 Nm/litre) 2 turbocompresseurs (Ø 1,6 bar) + échangeur air/eau propulsion + BV8 automatique + différentiel autobloquant AR piloté + ESP + ASR 1 705 kilos (3,34 kg/ch) 2 disques ventilés AV et 2 disques ventilés AR + ABS jantes alu 20″ + pneus en 255/40 ZR20 AV et 295/35 ZR20 AR 0 à 100 km/h en 3’’9; 300 km/h, km DA en ND |
Textes : Benjamin de la Renardière (Alis Webzine) – Photos : D.R