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Autobianchi Y10 Turbo

Lancia Y10 Turbo (1985)

Autobianchi Y10 Turbo
1985 – 4 cyl. en ligne 8V Turbo
85 ch – 183 km/h
790 kg

Après une genèse pour le moins compliquée et polémique au sein du groupe Fiat (l’étude da la remplaçante de l’Autobianchi A112 étant finalement reprise pour le compte de Fiat devenant la… Panda), et un imbroglio de portefeuille de marques entre Lancia et Autobianchi selon les marchés, la nouvelle Autobianchi Y10 est dévoilée au salon de Genève en mars 85. Et dans la foulée, on découvre une bouillante version Turbo qui doit nous faire oublier les Autobianchi A112 Abarth. Voilà qui est ambitieux, tant la petite bombinette italienne a marqué les esprits et les cœurs de 1972 à 85 !
L’Autobianchi Y10 Turbo prend le contre-pied de sa devancière avec un design très moderne et aérodynamique. Un point à souligner, car il est toujours difficile d’être efficace en ce domaine, et l’Autobianchi Y10 y parvient avec un très bon Cx, malgré une longueur de 3,39 mètres. Chapeau ! Signée par le Centro de Stile Fiat, la Y10 se distingue par son aspect très géométrique , sa proue intégrant une calandre Lancia et son arrière à pan coupé et porte-à-faux raccourci. En version Turbo, la Y10 enfile ses attributs sportifs : boucliers enveloppants, feux additionnels, prises d’air dans le bouclier avant, stripping latéral sur les bas de caisse portant l’inscription « Turbo » et liseré rouge sur les boucliers. Difficile d’imaginer en regardant l’Autobianchi Y10 Turbo qu’elle repose sur la même base que la rudimentaire Fiat Panda. Et encore moins une fois au contact de son bouillant petit quatre cylindres turbo…

Petit 4 pattes turbo, l’Autobianchi Y10 Turbo reprend les recettes de sa rivales italienne l’Innocenti de Tomaso Turbo avec un cylindre de plus. Performante et pétillante, l’Autobianchi Y10 vous fait vite déchanter en raison d’une tenue de route peu rigoureuse qui peine à passer le couple du moteur…

L’Autobianchi Y10 Turbo profite d’un petit 4 cylindres de 1 049 cm3 dopé par un turbocompresseur IHI. Un sacré bouilleur de 85 ch et 123 Nm de couple. Performances au top !

Le quatre cylindres de 1 049 cm3 est un moteur « Fiat 127 Brésil ». Comprenez par là qu’il dispose désormais d’un arbre à cames en tête. Placé en position transversale avant, permettant ainsi un avant court et un centrage des masses, il dispose de 8 soupapes en tête. L’alimentation est confiée à un carburateur double corps mais son allumage est électronique. Sa botte secrète est son petit turbocompresseur japonais IHI qui lui donne un surcroît de peps.
Ainsi 85 ch sont disponible à 5 750 tr/mn mais surtout ce qui est remarquable ce sont les 123 Nm de couple à 2 750 tr/mn. Voilà qui donne une belle santé et de sacrées reprises à la petite Autobianchi Y10 Turbo. Il y a un certain temps de latence avant le déclenchement du turbo puis ensuite c’est une poussée vigoureuse et continue, même dans les tours. Voilà qui tombe à pic cette capacité de reprises et cette disponibilité mécanique, car cela évitera de trop composer avec une commande de la boîte (5 rapports manuels) assez lente et accrocheuse. Autre point noir, une consommation en carburant assez conséquente en usage urbain et dynamique (comptez 10-12 litres au cent en moyenne).
L’Autobianchi Y10 Turbo n’a pas à rougir face au chronomètre avec une vitesse maxi de 183 km/h et des accélérations probantes : 0 à 100 km/h en 9’’6 et un km DA en 31’’2. C’est mieux que la MG Metro Turbo ou la Citroën Visa GTI. La plateforme est donc reprise à la Fiat Panda, train avant McPherson triangulé compris. La seule spécificité notable concerne le train arrière déformable à fixation centrale (dit « Essieu Omega ») qui est spécifique à l’Autobianchi Y10. Malgré cela et des réglages de suspensions adaptés, l’Autobianchi Y10 Turbo pêche dans tous les domaines en tenue de route : motricité défaillante et train avant vite débordé, inconfort de la suspension notamment arrière, et rigueur de placement aléatoire. Tous ces griefs sont évidemment à mettre en exergue uniquement en conduite sportive.
C’est d’autant plus dommage que la direction à crémaillère est douce et bien démultipliée et le freinage à disques avant et tambours arrière demeure puissant en toute circonstance. Les jantes de 13 pouces sont montées en pneumatiques larges de 155/70 R13. Enfin, avec moins de 800 kilos, l’Autobianchi Y10 Turbo a certes pris de l’embonpoint par

L’Autobianchi Y10 Turbo gâche ses qualités par une tenue de route bâclée ! Motricité, confort, amortissement et tenue de cap sur chaussée dégradée, la conduite très sportive n’est pas son truc. Un comble pour une petite GTI !

rapport à sa devancière l’A112, mais cela reste acceptable, surtout que l’habitacle vous soigne particulièrement. Présentation élégante, équipement de série très complet avec une instrumentation ultra complète comme souvent chez les sportives italiennes et c’est assez rare pour être noté dans cette catégorie, un volant réglable. De nombreuses options permettent d’en avoir encore plus à bord faisant ainsi de l’Autobianchi Y10 Turbo un cas un peu à part dans sa catégorie. L’habitacle est assez vaste, bien plus que son coffre qui est vraiment réduit à la portion congrue avec 195 dm3. Certes en rabattant la banquette il peut aller jusqu’à 830 dm3 mais entre places arrière et gros coffre il faudra faire un choix.

Notre avis
L’Autobianchi Y10 Turbo laisse un sentiment d’inachevé avec son comportement brouillon. Dommage car sa bouille est craquante, son gabarit excellent pour la ville et sa mécanique dotée autant d’un sacré tempérament qu’efficace en performances. On lui pardonne volontiers une commande de boîte imparfaite, mais pas ses trains roulants qui ne permettent pas de tirer toute la quintessence de son potentiel. Rageant ! Résultat, l’Autobianchi Y10 Turbo doit se cantonner au rôle de l’urbaine chic et sport, ce qu’elle fait admirablement avec son habitacle bien présenté et fort complet en équipement de série. Le tout à un prix assez agréable pour tous…

Autres versions :
Lancia Y10


Les Rivales :
Petite GTI 1980, 1985

  • Innocenti de Tomaso Turbo
    Chez Innocenti, la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille, mais les difficultés sont parfois sources d’opportunités. Lorsque BMC (British Motor Corporation) se déclare en cessation de paiement et c’est l’état italien avec Alejandro de Tomaso qui rachètent Innoncenti en 1976. Toutefois le moteur « Austin » est conservé… jusqu’en 1982. A compter de cette ...

Avant d’acheter
Les Autobianchi/Lancia Y10 sportives ont connu deux principales versions : la Y10 Turbo (1985-88) produite à 13 190 exemplaires et la Y10 GT i.e. (1988-92) produite à 23 436 exemplaires sans catalyseur et 5 057 exemplaires avec catalyseur. Sur la totalité de la gamme Y10 on dénombre plus de 1,1 millions d’exemplaires produits de 1985 à 95. On note également un facelift conséquent fin 1992, mais sans variantes sportives. La production des Y10 Turbo n’est pas si conséquente, et beaucoup sont parties aux oubliettes et ont terminé à la casse. En feuilletant les petites annonces du net, on trouve néanmoins quelques exemplaires à vendre. Le plus important de choisir uniquement un modèle complet et en parfait état de marche.
Les pièces détachées spécifiques sont en effet rares. Les habitacles, quoique élégamment présentés vieillissent souvent mal, surtout si on en prend pas soin. La mécanique peut vite souffrir prématurément d’absence d’entretien et de non respect des usages d’une mécanique suralimentée (temps de chauffe, ne pas couper le moteur d’un coup pour laisser le turbo se lubrifier…). L’entretien est assez conséquent, preuve d’une mécanique assez poussée avec vidange moteur tous les 7 500 km et remplacement tous les 10 000 km des filtres et bougies. Tous les 20 000 km il faut remplacer le filtre à carburant, régler le jeu aux poussoirs et nettoyer les gicleurs du carburateur. Pour les autres fluides, la boite est à vidanger tous les 40 000 km ou deux ans, tandis que la purge du liquide de frein intervient tous les 60 000 km ou tous les 3 ans.
Enfin, la courroie de distribution est à changer tous les 80 000 km ou tous les 5 ans. Attention à la corrosion toujours présente aux emplacement habituels (bas de caisse, bac de coffre, hayon, tour d’aile…) de même qu’à la peinture très fragile. Les pépins et dysfonctionnements électriques ne sont pas rares… Enfin les trains roulants sont à surveiller car souvent négligés par les différents propriétaires.
Entretien : vidange tous les 7 500 km ou tous les 6 mois et entretien classique tous les 10 000 km ou tous les ans.


Mots clés : Lancia | Autobianchi | Y10 | GT | i.e. | Turbo | GTI | Petite Sportive |Italie | LANCIA Y10 TURBO | PETITE SPORTIVE


CATALOGUES – BROCHURES – PROSPECTUS

✔ TOP Bouille séduisante ǀ Plaisir de conduite ǀ Performances ǀ Moteur pétillant ǀ Direction ǀ Freinage ǀ Direction ǀ Présentation intérieure ǀ Equipement de série ǀ Prix ǀ Bombinette urbaine ǀ Polyvalence d’usage ǀ Instrumentation fournie ǀ Poids ✖ FLOP Tenue de route/motricité ǀ Reprises ǀ Insonorisation ǀ Détails de finition ǀ Ergonomie des commandes ǀ Amortissement ǀ Consommation ǀ Commande de boîte ǀ Confort ǀ Taille du coffre ǀ Essuie-glace monobalais

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Fiche Technique

Marque :
Gamme :
Année :
PA – Prix neuf :
Moteur :
Puissance :
Couple :
Suralimentation:
Transmission :
Poids (RPP) :
Freins :
Roues :
Performances :
Autobianchi
Y10 Turbo
1985
6 CV – 63 000 FF
4 cylindres en ligne 8 soupapes (1 ACT) – 1 049 cm3
85 ch à 5 750 tr/mn (81,03 ch/litre)
123 Nm à 3 250 tr/mn (117,25 Nm/litre)
non
traction + BV5 manuelle
790 kilos (9,29 kg/ch)
2 disques pleins AV et 2 tambours pleins AR
jantes alu 13″ + pneus en 155/70 R13 AV et 155/70 R13 AR
0 à 100 km/h en 9’’6; 183 km/h, km DA en 31’’2

Textes : Morgan Goupil (Alis Webzine) – Photos : D.R


La rédaction de Guide des Sportives:
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