Aston Martin DB11 V12
2016 – V12 48V
608 ch – 322 km/h
1 917 kg
Inédite et faisant confiance au savoir-faire maison, ce n’est que sur une poignée de détails que l’Aston-Martin DB11 V12 fait appel au catalogue technique de Mercedes-Benz. Pour le reste, c’est 100% anglais avec charme, charisme et style typiquement britannique. « God save the Queen » !
Bye-bye le gros V12 atmo maison ? Pas réellement car la base reste la même, dont les racines remontent à l’ère Ford alors propriétaire de la firme britannique. La cylindrée diminue de 5 935 cm3 à 5 204 cm3 par la réduction de la course qui passe de 79,5 mm à 69,7 mm. Caché sous ses croisillons jouent les barres antirapprochements, ce V12 conserve tous les raffinements techniques de son prédécesseur : deux double arbres à cames en tête, 48 soupapes (4 par cylindres), calage variable de la distribution, et même l’« Economy Run » qui coupe une rangée de cylindres pour baisser la consommation en conduite relax. La surprise du chef, ce sont les deux turbocompresseurs qui par leur souffle compensent la réduction de cylindrée au point d’afficher une puissance comparable à l’ancien V12 atmosphérique : 608 ch à 6 500 tr/mn (116,83 ch/litre) et un coule coquet de 699 Nm à 1 500 tr/mn (134,32 Nm/litre). Evidemment, avec de telles valeurs, l’Aston-Martin DB11 V12 pousse très fort bien qu’handicapée par son poids « massif » de près de 2 tonnes (!) et revendique un 0 à 100 km/h en 3’’9. Mais surtout, le V12 biturbo lui confère une allonge incroyable avec un 1000 mètres départ arrêté expédié en 21’’5 tandis que la vitesse maxi dépasse les 320 km/h. La transmission est toujours confié à une boîte automatique ZF à 8 rapports mais dont la gestion est nettement améliorée et accordée au somptueux V12. Les rapports passent avec une belle célérité faite de douceur. Certes, pour les amateurs des boîtes à double embrayages qui mitraillent leurs rapports les uns après les autres, la déception sera de mise, mais ce n’est pas la vocation de la DB11. Son truc à elle c’est le Grand Tourisme main de fer dans un gant de velours. Un domaine dans lequel elle excelle avec une pointe d’élégance dans la démarche qu’une Bentley Continental GT peine à obtenir En fonction des humeurs du pilote, trois modes permettent de modifier la réponse à la pédale des gaz, la gestion de la boîte ZF ainsi que les paramètres de la direction. L’Aston Martin DB11 V12 étrenne une toute nouvelle structure tout alu, qui est modulable et sera déclinée sur le reste de la gamme Aston. Pour les trains roulants, rien n’a été laissé au hasard avec des triangles superposés forgés à l’avant et un essieu arrière multibras permettant une meilleure précision de conduite. Ça c’est sur le papier, car dans la réalité, la DB11 V12 peine à masquer totalement sa surcharge pondérale, notamment sur l’essieu avant. Pourtant, à Gaydon, on a mis les petits plats dans les grands avec un V12 placé en position longitudinale centrale avant (très près du parebrise), avec la boîte ZF dans le prolongement permettant d’affirmer un ratio entre les deux essieux de 51% AV/49% AR. Autre détail qui a son importance, les pneumatiques Bridgestone S007 (255/40 ZR20 AV et 295/35 ZR20 AR) ont été développés spécifiquement pour elle, et un amortissement piloté est de la partie avec trois modes : « GT », « Sport » et « Sport+ ». Ce dernier mode désactive également toutes les béquilles électroniques (ESP, ASR) mais qui finalement semble quelque peu incongru sur une Grand Tourisme de ce pedigree et ayant la vocation du voyage au long cours rapide et serein. L’amortissement est d’ailleurs le talon d’Achille de la DB11 puisqu’il ne parvient pas à lutter efficacement contre le poids élevé sur l’avant et laisse l’essieu arrière souffrir des coups de force du V12 dont seules les roues arrière doivent digérer le couple conséquent. Résultat, en conduite très sportive, l’Aston-Martin DB11 V12 offre un train avant paresseux et un arrière train vif à la limite du nerveux. Et le freinage à quatre gros disques acier complété d’un ABS est suffisant mais souffrira vite en échauffement. Doit-on s’en offusquer finalement puisque le rôle de supersportive est relégué à la plus « démocratique » Vantage ? Rien n’est moins certain, car l’Aston Martin DB11 V12 joue avant tout une partition dans le Grand Tourisme et dans ce domaine-là, elle dispose de toutes les cartes pour réussir. L’habitacle étonne et séduit. Etonnement car les lignes intérieures restent finalement assez banales pour ne pas dire anonymes. Certes, la qualité des matériaux et de la finition sont de très haut niveau, mais on attendrait quelque chose de plus exclusif ou singulier dans le dessin à l’image de ce que propose Lexus avec sa LC500 par exemple ou McLaren dans un autre genre. L’équipement de série est pléthorique et la position de conduite irréprochable. Les places arrière semblent plus anecdotiques ou dévolues à des bagages additionnels qu’à des occupants de la race humaine. Enfin, la touche (c’est le mot !) Mercedes-Benz est bien visible avec une télématique reprise à l’identique, tandis que le combiné d’instruments est maintenant totalement digital comme cela se pratique de plus en plus à la concurrence. Aston-Martin a repris le train en marche de l’infotaitment comme le disent les marketeurs, et tant pis s’il fallait faire son marché à Stuttgart…
Autres versions :
Les Rivales :
- Aston-Martin Vanquish 2012Aston Martin poursuit sa politique de gamme avec le retour de la Vanquish pour 2012. Pas de révolution de palais pour cette génération, mais avant tout des évolutions techniques héritées de ses sœurs, à commencer par la rare One-77 ! On retrouve donc la ligne dont la silhouette est commune aux Virage, DB9, V8 et ...
Avant d’acheter
L’Aston-Martin DB11, en version V8 ou V12, est avant tout réservée à une élite. Son tarif d’emblée est le péage d’entrée qui sélectionne, mais pas uniquement, car il faut également « oser » assumer l’achat et l’usage d’une Aston-Martin. Résultat, les véhicules à vendre sur le marché de la voiture de sport, notamment dans l’hexagone, est relativement marginal, vous imposant soit une certaine patience, soit vous obligera à vous tourner vers les marchés étrangers. Passer par un professionnel reconnu est assurément un plus et vous protégera contre un mauvais achat, ou, à défaut, vous permettra de vous retourner contre une officine qui a pignon sur rue dans l’hexagone. Logiquement, les Aston-Martin DB11 ne foulent pas les circuits pour les track days, ce qui permet de les préserver encore mieux et vous garantit de tomber sur un bel exemplaire lors de l’achat. L’essentiel est de ne retenir que des autos dont l’entretien a été prouvé et confirmé dans le réseau officiel Aston-Martin. Conservez à l’esprit que les coûts d’entretien sont exorbitants pour les modèles de la firme de Gaydon, à commencer par les consommables qui souffrent autant du poids élevé que du couple à digérer. Vérifiez également le style de conduite pour éviter toute mauvaise surprise sur la boîte de vitesses ZF et de l’état de son convertisseur de couple qui a fort à faire. Enfin, sachez que la remise en état de la carrosserie ne peut être que l’affaire de professionnels (très) avertis. Vous voilà prévenu, n’est pas James Bond qui veut !…
Entretien : ND
Mots clés : Aston-Martin |AM | DB11 | V12 | GT | Grand Tourisme | AMG | Gaydon | ASTON-MARTIN | DB11 V12 | COUPE SPORT | GRAND TOURISME
| ✔ TOPDesign typique Aston et inédit ǀ Comportement routier efficace ǀ Performances ǀ Confort de roulement ǀ Présentation moderne chic et moderne ǀ Télématique (enfin) à jour ǀ Position de conduite ǀ Détails extérieurs de styles charmants et nombreux ǀ Equilibre de comportement (répartition des masses idéale) ǀ Equipement de série ǀ Image ǀ V12 « maison » au caractère toujours présent ǀ Prestige total !! | ✖ FLOP Endurance freinage ǀ Poids très (trop !) élevé ǀ Tarif (in)conséquent ! ǀ Places arrières symboliques ǀ Amortissement ǀ Réseau SAV éparse ǀ Course de la pédale de frein ǀ Boîte auto imposée ǀ Style intérieur trop anonyme ? ǀ Sous-virage trop marqué |
Fiche Technique
| Marque : Gamme : Année : PA – Prix neuf : Moteur : Puissance : Couple : Suralimentation: Transmission :Poids (RPP) : Freins : Roues : Performances : |
Aston-Martin DB11 V12 2016 53 CV – 223 940 € 12 cylindres en V 48 soupapes (2×2 ACT) – 5 204 cm3 608 ch à 6 500 tr/mn (116,83 ch/litre) 699 Nm à 1 500 tr/mn (134,32 Nm/litre) 2 turbocompresseurs (Ø ND bar) + échangeur air/eau propulsion + BV8 automatique + différentiel autobloquant AR piloté + ESP + ASR 1 917 kilos (3,15 kg/ch) 2 disques ventilés AV et 2 disques ventilés AR + ABS jantes alu 20″ + pneus en 255/40 ZR20 AV et 295/35 ZR20 AR 0 à 100 km/h en 3’’9; 322 km/h, km en 21‘‘5 |
Textes : Benjamin de la Renardière (Alis Webzine) – Photos : D.R