BMW M1 E26
1979 – 6 cyl. en ligne 24V
277 ch – 262 km/h
1 300 kg
Rigoureuse et sérieuse, la BMW M1 E26 à la genèse tourmentée compense sa froideur par une tenue de route exceptionnelle et surtout son six en ligne 24 soupapes qui lui confère une âme très latine et des performances de haut rang. Mais à quel prix !…
Le six en ligne 3,5 litres de la BMW M1 est issu de la course et très raffiné avec sa distribution à 24 soupapes, son double ACT et son carter sec. Et à la clé, une âme mécanique bien présente qui délivre 277 ch à 6 500 tr/mn.
C’est le six en ligne M88 qui a été repris de la BMW 3.0 CSL Groupe 2 avec sa culasse à 24 soupapes (4 par cylindres). Il est ici déployé dans une cylindrée de 3 453 cm3 (93.4 x 84.0 mm alésage x course) avec son bloc en fonte et sa culasse en alliage léger. Il est disposé longitudinalement en position centrale arrière (une première sur une BMW de route). Puisque 24 soupapes, la distribution est complétée par deux arbres à cames en tête. Chaque cylindres reçoit de part et d’autre deux tubulures d’échappement et un double conduit d’admission. L’injection est signée Bosch-Kugelfischer (injection mécanique) mais l’allumage Marelli est électronique et commandée par capteurs sur le volant moteur. A noter que la lubrification est assurée par carter sec avec un réservoir de 8 litres séparé pour abaisser le centre de gravité au plus bas (46 cm). Le taux de compression est assez élevé à 9:1. Il en résulte une puissance maxi de 277 ch à 6 500 tr/mn et un couple de 330 Nm à 5 000 tr/mn. De belles valeurs, avec des régimes de rotation assez élevés, qui démontrent que ce six en ligne est pointu à l’usage et impose de fréquents recours à la boîte manuelle ZF à 5 rapports, fermes et viriles. Un différentiel autobloquant taré à 40% se charge de contrôler la motricité sur les roues arrière. Les performances sont certes très élevées, mais un poil décevantes face à certaines de ses rivales désignées (Porsche 930 Turbo 3,3 litres, Ferrari BB 512i), d’autant que la BMW M1 E26 est la plus chère et de très loin… La vitesse maximale est ainsi fixée à 262 km/h sur le tachymètre, tandis que le 0 à 100 km/h est abattu en 5’’6. La borne kilométrique est gérée en 25 secondes. A noter que la consommation, à fortiori en conduite sportive est très élevée. Pourtant, la BMW M1 E26 peut compter sur un poids léger (1 300 kg), en raison de sa conception particulièrement bien pensée : châssis tubulaire en acier et une peau en « plastique » (intégrant un arceau de sécurité) pour marier idéalement un compromis poids/rigidité. Voilà la patte « Lamborghini » dans sa conception. Les trains roulants sont constitués de doubles triangles superposés et leurs combinés ressorts/amortisseurs. Des barres antiroulis se chargent de maintenir le roulis et tenir le cap idéalement. Et force est de constater, que cela fonctionne à merveille, sans pour autant dégrader le confort de roulage. La BMW M1 E26 tient parfaitement le cap même à très haute vitesse, bien campée sur ses pneus en 205/55 VR16 avant et 225/50 VR16 arrière. L’agilité est remarquable et les erreurs pardonnées jusqu’à une certaine limite. Au-delà, prudence, car
La BMW M1 E26 étale au grand jour ses qualités routières : légère, au cap ferme à très haute vitesse, elle est une réussite totale.
comme avec toutes les voitures à moteur central arrière, le décrochage est plus brutal et demande un sacré savoir-faire au volant. La direction à crémaillère est sans assistance et assez ferme, remontant quelque peu les irrégularités du bitume. Le freinage à quatre disques ventilés (32×300 mm avant et 26×297 mm arrière) est largement dimensionné et freine à répétition avec efficacité et assurance. L’habitacle offre une position de conduite soignée, dans de beaux baquets, et avec une ergonomie bien pensée. En revanche, pour les amateurs de style charmeur, il faudra repasser, car c’est triste, austère mais sérieux. La qualité de fabrication ne souffre pas la critique. C’est déjà ça. Une fois en route, la BMW M1 E26 sait se montrer civilisée, mais fait subir un bruit moteur à bord très présent.
Autres versions :
Les Rivales :
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Avant d’acheter
Produite à 456 exemplaires (1979-1981), la BMW M1 E26 a eu une diffusion très limitée en raison de son prix prohibitif. Et sur ces 456 exemplaires, seulement 399 exemplaires ont été produites en version routière, les 53 autres exemplaires étant des variantes racing pour les courses Procar ou autres compétitions (Endurance, Silhouette). Il faut donc faire preuve de patience pour en trouver une à vendre dans les annonces, chez les spécialistes ou dans les ventes aux enchères. Finalement, BMW est coutumier du fait : ses échecs commerciaux limitent la diffusion de certaines de ses supersportives originales (507 roadster, Z8, M1 E26), et ensuite la cote s’envole des décennies plus tard. La BMW M1 E26 est donc dans cette catégorie et sa cote reste élevée du fait de sa rareté. De par sa conception, il faut surtout inspecter les dessous et la structure tubulaire pour détecter toute trace de corrosion ou choc mal réparé. Les trains roulants sont également à inspecter, pour s’assurer qu’il n’y a aucun jeu, même si, bonne nouvelle, la BMW M1 est relativement légère (1,3 tonnes) pour une GT des années 70. Le six en ligne est fiable, mais doit être entretenu régulièrement comme il se doit, avec une surveillance sur les fuites d’huile et d’eau. L’huile de bonne qualité est requise et les temps de chauffe doivent être respectés. La boîte de vitesses ZF est robuste et endurante. Logiquement, si l’entretien est respecté ainsi que les temps de chauffe, la longévité du groupe motopropulseur est remarquable pour ce type de GT. L’habitacle, triste et austère mais bien fini, résiste bien aux outrages du temps. A noter que la carrosserie en polyester peut être fragile et que tous les carrossiers ne savent pas nécessairement travailler dessus. D’une manière générale, une BMW M1 E26 doit être entretenue régulièrement dans le réseau BMW ou chez des spécialistes reconnus, doit être complète avec tous ses accessoires (spécifiques), et demande un budget général d’entretien très conséquent, digne des GT italiennes les plus huppées.
Entretien : Tous les 10 000 km ou tous les 6 mois.
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Mots clés : BMW | Motorsport | M1 | E26 | Giugiaro | Six en Ligne | Lamborghini | Coupé Sport | GT | Procar | Baur | Grand Tourisme | Münich | BMW | M1 E26 | COUPE SPORT | GRAND TOURISME
| ✔ TOP Tenue de route ultra-efficace ǀ Six en ligne magique !! ǀ Performances générales ǀ Confort de roulement préservé ǀ Concept général ǀ Habitacle sérieux et bien fini | Ergonomie générale à bord | Ligne effilée et tendue ǀ Poids ǀ Motricité ǀ Position de conduite | Exclusivité (Série limitée) | ✖ FLOP Design trop policé ? ǀ Prix astronomique ǀ Comportement délicat aux limites ǀ Intérieur triste et sans originalité ǀ Volume du Coffre ǀ Commande de boîte ferme ǀ Performances relatives vs des concurrentes moins onéreuses ǀ Image ? ǀ Consommation |
Fiche Technique
| Marque : Gamme : Année : PA – Prix neuf : Moteur : Puissance : Couple : Suralimentation: Transmission : Poids (RPP) : Freins : Roues : Performances : |
BMW M1 E26 1979 ND CV – 300 000 Euros 6 cylindres en ligne 24 soupapes (2×1 ACT) – 3 453 cm3 277 ch à 6 500 tr/mn (80,22 ch/litre) 330 Nm à 5 000 tr/mn (95,57 Nm/litre) non propulsion + BV5 manuelle ZF + différentiel autobloquant (40%) 1 300 kilos (4,69 kg/ch) 2 disques ventilés AV et 2 disques ventilés AR jantes alu 16″ + pneus en 205/55 VR 16 AV et 225/50 VR 16 AR 0 à 100 km/h en 5’’6; 262 km/h, km DA en 25’’0 |
Textes : Morgan Goupil (Alis Webzine) – Photos : D.R