Ferrari n’a pas simplement « annoncé » une nouvelle voiture : avec la Luce, la marque ouvre un chapitre à part entière, en dévoilant le design intérieur, l’interface humaine et même un nom qui pose les bases d’une nouvelle stratégie de dénomination. Présentée comme une sportive 100% électrique, la Ferrari Luce revendique une ambition claire : faire de l’électrification non pas une finalité technologique, mais un moyen de pousser plus loin l’émotion, la précision et la culture du geste qui ont toujours défini Maranello.
Le lancement de cette phase s’est tenu à San Francisco, un choix loin d’être anodin : Ferrari y a mis en scène l’ADN « expérience utilisateur » de la Luce, au cœur d’une ville qui a façonné les interfaces les plus influentes de notre époque. Et surtout, la marque italienne n’a pas avancé seule : LoveFrom, le collectif créatif fondé par Sir Jony Ive avec Marc Newson, collabore avec Ferrari depuis cinq ans sur chaque dimension du design de la nouvelle voiture.
À ce stade, Ferrari ne montre pas encore l’extérieur : la révélation finale, incluant le design extérieur, est annoncée en Italie en mai 2026. Mais l’habitacle suffit déjà à comprendre l’intention : la Luce n’est pas une Ferrari « électrifiée », c’est une Ferrari qui repense l’interface conducteur-machine comme un organe vital, une pièce de mécanique émotionnelle au même titre qu’un châssis ou une direction.
Luce : plus qu’un nom, une déclaration
« Luce », qui signifie lumière ou illumination en italien, symbolise l’attention de Ferrari tournée vers l’avenir et inaugure une nouvelle stratégie de dénomination pour un ajout majeur à la gamme. Ferrari insiste : Luce est une vision, une philosophie où l’électrification devient un moyen, et où design, ingénierie et imagination convergent vers quelque chose de radicalement nouveau.
Dans le discours officiel, l’idée est limpide : la Luce doit être « simple, pure et évocatrice », un symbole de clarté et d’inspiration, avec une forme dictée par la fonction et une « énergie silencieuse » que l’on ressent dans chaque fibre. L’enjeu, pour Ferrari, est aussi culturel : la Luce est présentée comme un ajout significatif au Cheval Cabré, capable de réunir héritage compétition, esprit intemporel des voitures de sport et évolution des modes de vie contemporains.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre revendiqué entre tradition et rupture. Ferrari ne promet pas une révolution à coups de grands écrans, mais une continuité émotionnelle, où chaque interaction, chaque retour mécanique et chaque détail de fabrication doivent soutenir l’expérience de conduite.
Un cockpit pensé comme un « volume unique »
L’habitacle de la Ferrari Luce est décrit comme un volume unique et pur, avec des formes simplifiées et rationalisées au service de la conduite, pour créer un environnement calme, concentré et spacieux. Dans cette logique, les éléments essentiels (bloc d’instruments, panneau de commande, console centrale) sont autonomes et clairement organisés autour des entrées (commandes) et des sorties (affichages).
L’approche est dite holistique : hardware et software ont été développés conjointement afin que l’architecture physique et le comportement de l’interface soient en parfaite harmonie. Là encore, on est à contre-courant d’une tendance lourde de l’automobile contemporaine : au lieu de chercher l’effet « tablette », Ferrari veut réduire la charge cognitive, renforcer la lisibilité et rendre les actions plus naturelles.
Cette philosophie, LoveFrom la porte dans le détail, mais Ferrari rappelle aussi le cadre : le collectif a travaillé avec le Ferrari Styling Centre dirigé par Flavio Manzoni, en respectant l’intention initiale tout en répondant aux objectifs fonctionnels, aux contraintes de packaging et aux exigences d’homologation d’une voiture de sport de série. Flavio Manzoni, nommé directeur du design en janvier 2010, est précisément l’homme des équilibres : celui qui sait faire coexister le langage Ferrari et une modernité qui ne trahit pas l’icône.
Interface : le retour assumé du tactile
C’est probablement le point le plus « Guide des Sportives » de cette Luce : l’interface de la voiture mélange commandes physiques (boutons, cadrans, basculeurs, interrupteurs mécaniques de haute précision) et écrans numériques multifonctions. Ferrari et LoveFrom revendiquent un parti pris clair : privilégier des commandes mécaniques, intuitives et agréables, à rebours de la convention qui veut que les voitures électriques soient dominées par de grands écrans tactiles.
L’interface est inspirée des voitures de sport classiques et des monoplaces de Formule 1, organisée avec rigueur et réduite aux fonctions essentielles. Et parce qu’une Ferrari se juge aussi à l’oreille et au bout des doigts, chaque bouton a été développé pour offrir le meilleur compromis de retour mécanique et acoustique, après plus de 20 tests d’évaluation réalisés avec les pilotes d’essai Ferrari.
Le volant : hommage et allègement
Le volant adopte une forme simplifiée à trois branches, réinterprétant l’iconique volant Nardi en bois des années 1950 et 1960. Sa structure en aluminium est volontairement apparente, et l’ensemble est fabriqué en aluminium 100% recyclé, avec un alliage développé spécifiquement pour la Luce afin d’optimiser la résistance mécanique et la qualité de surface pour l’anodisation.
Le volant est composé de 19 pièces usinées CNC et il pèse 400 grammes de moins qu’un volant Ferrari standard. Les commandes sont organisées en deux modules analogiques, dans une disposition qui fait écho à l’architecture des monoplaces de Formule 1.
La clé : un rituel « Ferrari », version verre et E Ink
Ferrari parle de théâtralité, et la Luce pousse ce thème très loin : le démarrage est conçu comme un rituel mémorable, déclenché par l’activation d’une clé unique et tactile. Cette clé est réalisée en Corning Gorilla Glass et intègre un écran E Ink spécialement développé, qui ne consomme de l’énergie que lors des changements de couleur grâce à ses propriétés bistables ; Ferrari présente cette intégration comme une première dans l’industrie automobile.
L’insertion de la clé dans son logement sur la console centrale déclenche une séquence chorégraphiée : la clé passe du jaune au noir en s’intégrant à la surface en verre, tandis que le panneau de commande et le bloc d’instruments s’illuminent simultanément. On est ici dans une mise en scène à la fois high-tech et « horlogère », pensée pour transformer un geste fonctionnel en moment de désir.
Affichages : OLED, orientable, et “multigraph” mécanique
La Luce s’appuie sur trois affichages : le bloc d’instruments conducteur, le panneau de commande et un panneau de commande arrière. Ferrari explique avoir consacré beaucoup de temps à l’organisation des commandes et des informations, avec une typographie exclusive inspirée de la police historique Ferrari et du lettrage de l’ingénierie italienne.
Le bloc d’instruments est une pièce maîtresse : il se déplace avec le volant et, monté sur la colonne de direction, constitue une première pour une gamme Ferrari. Il intègre deux écrans OLED superposés, et Ferrari indique avoir collaboré avec des ingénieurs de Samsung Display pour développer un panneau OLED ultra-léger et ultra-fin intégrant une « première mondiale » : trois larges découpes révélant des informations générées par un second écran situé derrière le panneau supérieur, créant une profondeur visuelle marquante.
Le panneau de commande central est lui aussi atypique : monté sur une rotule, il peut être orienté vers le conducteur ou vers le passager, une caractéristique présentée comme unique pour enrichir et partager l’expérience Ferrari. Ferrari ajoute un détail très concret, très ergonomie : un repose-paume est prévu pour l’utilisation du panneau, afin d’interagir de manière fluide sans quitter la route des yeux.
Et puis il y a le « multigraph », qui résume à lui seul la philosophie Luce : un objet à aiguilles, mais piloté par un mouvement propriétaire à trois moteurs indépendants, permettant aux aiguilles de se déplacer de manière autonome. Protégé par du Corning Gorilla Glass, il propose quatre modes (horloge, chronographe, boussole, launch control) avec des transitions animées inspirées des chronographes, pour relier art horloger et technologie dans un même geste.
Matériaux : l’authenticité comme preuve de modernité
Ferrari insiste sur une notion souvent galvaudée dans le luxe : l’authenticité. Les matériaux sont choisis pour leur durabilité et leur intégrité, avec une préférence marquée pour l’aluminium, sélectionné pour son aptitude à l’usinage de précision et sa capacité à « célébrer » la qualité intrinsèque du matériau.
L’aluminium employé est un alliage 100% recyclé, usiné à partir de blocs entiers via des technologies CNC 3 ou 5 axes, puis anodisé avec un procédé qui crée une microstructure hexagonale ultrafine en surface. Ferrari met en avant les bénéfices : résistance et dureté exceptionnelles, micro-texture raffinée, et une finition à la couleur profonde et durable qui conserve son éclat dans le temps.
Le verre, lui, n’est pas un simple décor : Corning Gorilla Glass est utilisé pour sa durabilité, sa résistance aux rayures et sa visibilité, notamment sur le panneau de commande, le bloc d’instruments et la surface de la console centrale. Et Ferrari va jusqu’à transformer le levier de vitesses en « œuvre d’art technique » : en Gorilla Glass, percé au laser de micro-trous pour déposer l’encre des graphismes avec une uniformité parfaite, selon des procédés inédits dans le design d’intérieurs automobiles.
Une équipe, une méthode, une date clé
Derrière la Luce, on lit aussi une organisation : John Elkann, président exécutif de Ferrari depuis 2018, incarne la continuité stratégique, tandis que Benedetto Vigna, nommé directeur général en septembre 2021, porte la transformation technologique au plus haut niveau. Ferrari situe la Luce dans un lancement en trois phases, et rappelle qu’en octobre 2025 la technologie sur laquelle repose la voiture a été dévoilée dans le e-building Ferrari à Maranello.
San Francisco a servi de scène pour exposer ce que Ferrari veut rendre tangible dès maintenant : la manière dont on va vivre la voiture, la comprendre et la piloter au quotidien. La dernière pièce du puzzle, celle que les passionnés attendent autant que le reste, viendra en mai 2026 en Italie avec la révélation de l’extérieur.
En attendant, la Luce pose déjà une question fascinante : et si la Ferrari de demain se jugeait autant sur la qualité d’un clic, la lisibilité d’un cadran et la noblesse d’un matériau que sur des chiffres bruts ? À lire ce que Ferrari dévoile aujourd’hui, la réponse est oui — et c’est précisément ce qui rend cette Luce si prometteuse pour les amateurs de sportives, au sens le plus noble du terme.
Ferrari
- a première Ferrari 100% électrique qui réinvente le cockpit, avec LoveFrom (Jony Ive & Marc Newson)Ferrari n’a pas simplement « annoncé » une nouvelle voiture : avec la Luce, la marque ouvre un chapitre à part entière, en dévoilant le design intérieur, l’interface humaine et même un nom qui pose les bases d’une nouvelle stratégie de dénomination. Présentée comme une sportive 100% électrique, la Ferrari Luce revendique une ambition claire ...
- Ferrari 12Cilindri Tailor Made : l’artisanat coréen au service du V12La Ferrari 12Cilindri Tailor Made est une interprétation ultra-exclusive de la dernière Gran Turismo V12 à moteur avant de Maranello, créée spécifiquement pour le marché sud-coréen. Destinée à un collectionneur privilégié, elle incarne le sommet du programme de personnalisation Tailor Made, avec un niveau de détail et d’intervention artistique rarement atteint sur un modèle de ...
- Ferrari F76 : la première hypercar numérique célèbre Le Mans et redéfinit l’avenir du design automobileEn 2025, Ferrari célèbre sa troisième victoire consécutive aux 24 Heures du Mans avec la 499P. Mais cette année marque aussi une autre révolution : la naissance de la Ferrari F76, première hypercar numérique de l’histoire de la marque. Conçue exclusivement pour le monde virtuel sous forme de NFT, la F76 incarne une nouvelle frontière ...
- Ferrari SC40 : l’art du sur-mesure selon MaranelloLe 17 octobre 2025, Ferrari a levé le voile sur une création aussi rare qu’exclusive : la SC40. Issue du prestigieux programme Special Projects, cette berlinetta à moteur central arrière incarne la quintessence du sur-mesure selon Ferrari. Conçue pour un seul client, la SC40 est une pièce unique, fruit de deux années de collaboration étroite ...
- Ferrari 849 Testarossa 2025 : la renaissance d’une icône ?La Ferrari 849 Testarossa marque un tournant dans l’histoire de la mythique Testarossa. Plus de trois décennies après l’apparition de la première génération, Ferrari reprend l’ADN emblématique de sa berlinette V12 pour en faire une hypercar au sommet de la technique et de l’émotion pure. Cette 849 Testarossa allie design rétrofuturiste, mécaniques d’avant-garde et savoir-faire artisanal. ...
- Nouvelle Ferrari Amalfi en détailsLa nouvelle Ferrari Amalfi, un coupé 2+ à moteur V8 central avant qui remplace la Ferrari Roma dans la gamme du Cheval Cabré, a été dévoilée aujourd’hui. La Ferrari Amalfi redéfinit le concept de sportivité contemporaine, alliant hautes performances, polyvalence et esthétique raffinée. Conçue pour ceux qui souhaitent profiter d’une conduite sportive sans sacrifier le ...
- Nouvelle Ferrari 296 Speciale avec la configuration Piloti FerrariÀ la veille des 24 heures du Mans, Ferrari a dévoilé la 296 Speciale avec la configuration Piloti Ferrari, dernière expression du programme Tailor Made. Cette configuration exclusive a été conçue pour célébrer les succès remportés dans le cadre du Championnat du monde d’endurance de la FIA (WEC) et pour honorer les pilotes clients de ...
- Nouvelle Ferrari 296 Speciale en détailsFerrari a présenté son dernier modèle en édition spéciale, la 296 Speciale, une berlinette hybride rechargeable à moteur central arrière. Cette voiture prend la place qui lui revient dans la lignée exclusive des berlinettes Ferrari en version spéciale et, tout comme ses ancêtres – la Challenge Stradale, la 430 Scuderia, la 458 Speciale et la ...
- Nouvelle Ferrari Supercar F80 en détailsFerrari a dévoilé aujourd’hui la F80 et écrit un nouveau chapitre dans l’histoire des supercars légendaires arborant l’insigne du Cheval cabré. La F80 sera produite en série limitée à seulement 799 exemplaires et rejoint le panthéon des icônes telles que la GTO, la F40 et la LaFerrari en incarnant ce que la marque basée à ...
- Nouvelle Ferrari 12Cylindri SpiderTrès peu d’associations sont aussi exaltantes et réjouissantes que l’union entre un moteur V12 atmosphérique Ferrari et une conduite à ciel ouvert : la Spider 12 cylindres Ferrari, dévoilée aujourd’hui lors d’un événement exclusif organisé à Miami Beach, fusionne ces deux sensations très spéciales dans une berlinette spider deux places propulsée par le moteur douze ...
Guide des Sportives
Guide des Sportives vous permet de retrouvez toutes vos voitures de sport préférées classées par marque, modèle, gamme, génération après génération. Ferrari, Porsche, Lamborghini, Aston Martin et autres constructeurs de voitures de sport et de voitures de prestige (Lotus, BMW,Mercedes-Benz, Audi), aux sportives plus populaires comme les GTI et petites sportives (Peugeot 205 GTI, R8 Gordini, VW Golf GTI…), le Guide des Sportives recense toutes les automobiles considérées et choisies par la rédaction comme voitures sportives. Chaque auto est traitée de la même manière avec un descriptif, des informations techniques et des conseils d’achat. De 1945 à nos jours, Guide des Sportives est alimenté chaque semaine de nouveaux dossiers.
La rédaction

