Porsche 911 type 996 – Guide Achat

Introduction — La révolution silencieuse de Zuffenhausen

Porsche 911 type 996

Porsche 911 type 996

Il y a des voitures qui font l’unanimité dès leur présentation au public. La Porsche 911 type 996 n’est pas de celles-là. Dévoilée à l’IAA de Francfort en septembre 1997, elle suscite autant de curiosité que de réticences au sein de la communauté des puristes. Et pourtant, cette cinquième génération de la 911 légendaire représente, avec le recul, l’une des évolutions les plus courageuses jamais entreprises par Porsche depuis la naissance du modèle en 1963.

Porsche 911 type 996

Porsche 911 type 996

La genèse de la 996 est intimement liée à une double contrainte : économique d’abord, réglementaire ensuite. À la fin des années 1980, Porsche traverse une crise profonde — les ventes s’effondrent, les marges se réduisent — et les nouvelles normes antipollution imposent de repenser intégralement la motorisation. August Achleitner, alors responsable de la planification technique des produits et des concepts véhicules, est chargé d’imaginer une architecture susceptible de sauver l’entreprise. La solution tient en deux idées audacieuses : passer au refroidissement par eau — une quasi-hérésie pour les fidèles du flat-six à air — et partager une base commune avec un nouveau roadster à moteur central, le futur Boxster (986). En 1989, un V8 compact est même monté en porte-à-faux arrière à titre d’essai, avant d’être définitivement écarté. C’est bien le flat-six à eau et quatre soupapes par cylindre qui finira par s’imposer comme la seule solution viable pour répondre aux exigences d’émissions et de puissance.

C’est le designer Harm Lagaaij, directeur du style de Porsche dans les années 1990, qui supervise l’habillage de cette nouvelle architecture. La tâche est colossale : concevoir simultanément le Boxster 986 et la 911 996 en partageant rigoureusement la même carrosserie de l’avant jusqu’au montant B, tout en préservant l’identité inimitable de la 911. Lagaaij s’inspire du concept Boxster présenté au Salon de Détroit en 1993 — plébiscité par le public et élu « Best of Show » — pour dessiner les lignes avant des deux voitures. Son équipe, qui atteint jusqu’à 80 personnes à son pic, travaille directement sur des maquettes à l’échelle 1:1 pour tenir des délais extrêmement serrés.

Porsche 911 type 996

Porsche 911 type 996

La 996 rompt délibérément avec la 993 qui la précède : la carrosserie est allongée de 18,5 cm et élargie de 3 cm, la garde au toit gagne en générosité, et le poids chute d’environ 50 kg grâce à l’acier haute résistance et de nouvelles méthodes d’assemblage. Le moteur boxer six cylindres à plat conserve sa disposition en porte-à-faux arrière mais abandonne le refroidissement par air au profit de l’eau, indispensable pour la culasse à quatre soupapes par cylindre imposée par les futures normes Euro 3. Cette technologie quatre soupapes, associée au système VarioCam de calage d’arbre à cames, permet au nouveau 3,4 litres de délivrer 300 ch dès le lancement. La 996 partage, de l’avant jusqu’aux montants B, sa carrosserie et ses équipements intérieurs avec le Boxster — une décision qui vaudra bien des critiques à Porsche, mais qui permettra à la marque de vendre plus de 30 000 exemplaires de 911 par an et de retrouver la rentabilité. Entre 1997 et 2005, Porsche construira au total 175 262 exemplaires de la 996, un record absolu pour la 911 à cette époque. Lire la suite

Porsche 911 2L4 S série E/F

Porsche 911 2L4 S série E/F

Porsche 911 2L4 S série E/F
1971 – 6 cyl. Flat 6 12V
190 ch – 230 km/h
1 075 kg

Depuis 1968, Porsche n’a de cesse d’améliorer sa voiture de sport : la Porsche 911. Empattement allongé pour une meilleure tenue de route en 1968, passage au Flat 6 de 2,2 litres en 1969 pour la série C, c’est en 1971 pour le millésime 72 que Porsche change de nouveau le Flat 6 de sa 911, afin de pouvoir mieux digérer sans perte et sans problèmes les normes de pollution américaines. La Porsche 911 série E se voit donc dotée d’un nouveau Flat 6, mais pas uniquement, mais nous y reviendrons après. La structure de gamme reste avec la même architecture : T en entrée de gamme, E avec l’injection et la S pour la variante la plus sportive. C’est cette dernière version qui a retenu notre attention ici. La Porsche 911 2L4 S série E est adepte du jeu des sept erreurs par rapport à la génération précédente. On remarque d’office le nouveau spoiler aérodynamique intégré sous Lire la suite

Porsche 911 Carrera 2L7 210 ch série G

Porsche 911 Carrera 2L7 série G 210 ch

Porsche 911 Carrera 2L7 210 ch série G
1973 – 6 cyl. Flat 6 12V
210 ch – 240 km/h
1 075 kg

Pour le millésime 1974, Porsche dévoile au salon de Francfort en septembre 1973 sa nouvelle gamme 911 série G. Les modifications sont conséquentes, avec comme effets les plus visibles le nouveau look avec les nouveaux parechocs à absorbeurs de chocs imposés par l’administration américaine (si Porsche veut pouvoir écouler ses productions au juteux pays de l’Oncle Sam) et la généralisation de la cylindrée 2,7 litres pour son Flat 6, reprenant ainsi les cotes du Flat 6 2,7 litres de la déjà classique et mythique Carrera RS. Si on peut juger ces nouveaux boucliers disgracieux au premier abord, force est de reconnaître que leur intégration stylistique est particulièrement bien vue et cachent dans leur structure un amortisseur de choc (d’où les soufflets sur les côtés). Cela a nécessité un nouveau capot qui est désormais plat à son bord, tandis que les clignotants ont migré dans le parechoc dans la partie noire. La poupe innove avec de nouveaux feux désormais reliés par un bandeau rouge réfléchissant. La variante de pointe de la gamme européenne, la Porsche 911 Carrera 2L7 210 ch Série G se distingue des autres modèles plus calmes par une présentation spécifique : suppression des chromes par des éléments Lire la suite

Porsche 930 Turbo 3L3

Porsche 930 Turbo 3L3

Porsche 930 Turbo 3L3
1977 – 6 cyl. Flat 6 Turbo 12V
300 ch – 260 km/h
1 195 kg

Au salon de Paris 1974, Porsche a jeté un pavé dans la mare des supercars et super GT avec sa nouvelle Porsche 930 Turbo 3L0. La Porsche 911 se fâche ? En quelque sorte… Conservant intactes les qualités intrinsèques de la Porsche 911 (polyvalence d’usage, finition, impression de robustesse, performances, caractère du Flat 6, pilotage singulier mais efficace pour qui sait, places arrière d’appoint…), le turbocompresseur KKK a jouté une « turbodimension » avec des performances d’un autre monde ! Voilà la Porsche 930 Turbo qui change les codes de cette catégorie, avec des performances diaboliques et des accélérations à couper le souffle, mais sans pour autant sacrifier les autres qualités énumérées plus haut. Et histoire de conserver son avance, la Porsche 930 Turbo adopte un Flat 6 plus dès juillet 1977, lui autorisant ainsi un regain de performances et une puissance portée à 300 ch. Seuls les afficionados du modèle sauront reconnaitre cette nouvelle variante au premier coup d’œil en raison des jantes de 16 pouces qui Lire la suite

Porsche 930 Turbo 3L0

Porsche 930 Turbo 3L0 (1975)

Porsche 930 Turbo 3L0
1975 – 6 cyl. Flat 6 Turbo 12V
260 ch – 250 km/h
1 140 kg

Depuis 1972, Porsche a inauguré le turbocompresseur en compétition avec un franc succès. D’abord avec les évolutions de la Porsche 917 qui a quitté l’endurance suite au changement de réglementation (réduction des cylindrées à 3 litres). Le modèle aux plusieurs victoires au Mans, se mue en Porsche 917/30 en courses CanAm en Amérique du Nord avec un turbocompresseur posé sur le Flat 12 offrant ainsi plus de 1 000 ch ! Passé les premiers sourires et réglages, la Porsche 917 va rafler le championnat CanAm. Puis Porsche récidive cette fois-ci avec la Porsche 934 RSR 2,1 Turbo en Europe. Là encore… les sourires moqueurs font place à un palmarès impressionnant… Au salon de Paris 1974, Porsche poursuit son expérience, mais cette fois-ci sur la route avec la présentation de la Porsche 930 Turbo 3L0. Il s’agit ni plus ni moins d’une Porsche 911 Carrera 3.0, qui a reçu un turbocompresseur et est largement adaptée pour ses nouvelles caractéristiques et performances. Ainsi, ce qui frappe d’emblée, ce sont ses voies élargies (+7 cm avant et + 11 cm arrière) donnant ainsi une assise plus nette et une croupe sacrément Lire la suite

Porsche 911 Turbo 3L6 type 965

Porsche 911 Turbo 3L6 type 965

Porsche 911 Turbo 3L6 type 965
1993 – 6 cyl. Flat 6 Turbo 24V
360 ch – 285 km/h
1 470 kg

Depuis 1990, la Porsche 911 Turbo 3L3 avait repris le flambeau de la saga Turbo chez les 911, mais pas uniquement !… Faute de temps pour développer un nouveau moteur, c’est le M30 des 930 Turbo des années 80 qui avait été repris avec quelques menues améliorations et 320 ch à la clé. Une pointe de déception qui s’est confirmée avec un temps de réponse du turbo encore long d’une part, et surtout une tenue de route très caractérielle. En revanche, le look repris de la génération 964 mais adapté à la sauce Turbo est bien là et toujours là sur la 3L6 : ailes larges et croupe élargie, aileron fixe sur le capot arrière et spoiler avant bien aéré qui prend ses appuis sur des ailes avant élargies. Seuls les experts et afficionados du modèle feront la différence entre la version 3L3 et la 3L6. Au jeu des sept erreurs, on dénombre ainsi une assise plus basse (-20 mm), un logotype « 3.6 » sur le capot moteur, des étriers de freins peints en rouge et logotés « Porsche » et Lire la suite

Porsche 959 Confort

Porsche 959 Confort

Porsche 959 Confort
1985 – 6 cyl. Flat 6 Biturbo 24V
450 ch – 310 km/h
1 450 kg

C’est la folie des Groupe B ! Tout le monde veut y aller, y compris Ferrari et sa 288 GTO qui veit rééditer le coup de la Ferrari 250 GTO… Porsche compte bien venir mettre tout le monde d’accord, et dès septembre 1983 à l’IAA de Francfort, Porsche présente une étude « Groupe B ». C’est finalement en septembre 1985 toujours à l’IAA de Francfort que Porsche dévoile la Porsche 959. Véritable joyau technologique, c’est aussi une supercar exceptionnelle aux performances hors du commun, et à la fiabilité et facilité de conduite presque naturelle pour tous. Un contre-pied total aux étalons italiens (Ferrari, Lamborghini) qui sont spectaculaires, performants mais très contraignants en usage standard. D’ailleurs, les clients se sont rués sur le stand pour signer un chèque d’acompte de 40 000 DM (!). Porsche prévoyait d’en produire initialement 200 exemplaires pour l’homologation en groupe B, mais finalement la fin de cette catégorie en rallyes après l’accident mortel de la Lancia Delta S4, Porsche va poursuivre la compétition (Dakar et Le Mans) et se concentrer sur les versions routières. Si la cellule centrale est reprise à la Porsche 911 et identifie immédiatement la 959 au reste de la gamme, tous les autres éléments sont radicalement différents. L’objectif est évident avec une efficience aérodynamique maximale mariant appuis et pénétration dans l’air tandis que le poids a été particulièrement soigné. Le Cx s’établit ainsi à 0,31 (0,39 pour une Porsche 911 Turbo 3L3), justifiant cet aplatissement de la face avant qui conserve très légèrement ses ailes bombées. Les ailes sont très larges, l’auto frisant les 1,9 mètres de large (!), pour autoriser des voies accrues et conséquentes (abritant des jantes de 17 pouces), tandis la croupe est particulièrement Lire la suite

Porsche 911 GT2 RS 991 FL

Porsche 911 GT2 RS 991 FL
2018 – 6 cyl. à plat (Flat 6) 24V Biturbo
700 ch – 340 km/h
1 470 kg

Depuis la 993, à chaque génération de 911 sa GT2. Sauf que désormais, seule la GT2 RS est disponible sur la génération 991. Pour mémoire et pour faire simple, la variante GT2 est le mariage entre une version GT3 pour sa définition et le groupe motopropulseur de la turbo. En clair, les performances à minima de la Turbo sur deux roues motrices seulement ! Impossible de confondre une Porsche 911 GT2 RS 991 avec le reste de la gamme, GT3 comprises. La GT2 RS est terrifiante d’aspect avec des entrées d’air béantes et gigantesques sur tout le bouclier avant comme sur les 911 du Mans, tandis que l’aileron énorme n’est pas là que pour faire de la figuration puisqu’il apporte plus de 350 kilos d’appui à 300 km/h. Tout semble exubérant et excessif dans le style de la Porsche 911 GT2 RS (991), mais tout a été dicté avant tout par des contraintes d’aéro, de mécanique (refroidissement) et de performances. Ainsi la croupe est fort large et l’assise posée sur le bitume, à tel point qu’une option « levage du train avant » permet de relever le nez de la GT2 lors d’aventures urbaines. Ce qui capte également l’attention sont les ouïes de débourrage sur les ailes avant, rarement vu sur des voitures de (petite !) série. Posée au ras du bitume sur des Lire la suite

Porsche 911 GT3 RS 991 FL

Porsche 911 GT3 RS 991 FL
2018 – 6 cyl. à plat (Flat 6) 24V
520 ch – 312 km/h
1 430 kg

GT3, GT2 RS… et maintenant GT3 RS ! Porsche sonne la charge et termine en 2018 de décliner une gamme 991 Faceliftée complète pour les track-days en fonction de votre talent, vos humeurs et votre budget (forcément très élevé !). Pour ceux qui pourraient s’interroger du bienfondé d’une telle dispersion, le marché répond néanmoins présent et les différentes versions et évolutions s’écoulent très rapidement en série limitée. La Porsche 911 GT3 RS 991 FL s’insère donc à merveille entre la GT3 plus accessible et conciliante en usage routier et la terrifiante GT2 RS qui vient se porter au niveau des track-days immatriculées les plus performantes de la planète (488 Pista, 720 S, Huracan Performante…). Côté look, difficile de dire que la GT3 RS est belle, tant son esthétique s’est déformée pour privilégier les nécessités techniques et aérodynamiques. Depuis la présentation de la 991 GT2 RS, pas de surprises puisque ce sont presque des sœurs siamoises à l’exception de son bouclier avant dont les entrées d’air sont moins proéminentes et dont les contours sont plus travaillés (vous avez dit torturés ?). Avec des voies plus large que la GT3 (+2,8 cm), et un aileron sans commune mesure, la Porsche 911 GT3 RS type 991 FL profite de 416 kilos d’appuis à 300 km/h (340 kilos pour la GT2 RS et 155 kilos pour la 991 GT3 FL). Une véritable Lire la suite

Porsche 911 R 991

Porsche 911 R 991
2016 – 6 cyl. à plat 24V (Flat 6)
500 ch – 32 km/h
1 370 kg

Après un sacré débat interne, les ingénieurs maison ont réussi à remettre le pilote au cœur du plaisir de conduite. A l’heure annoncée de la conduite autonome et de l’électronique envahissante, Porsche finalement ose le contrepied et propose un flashback avec sa Porsche 911 R 991. La recette est simple (ou presque) : prenez une GT3, installez-lui le moteur de la GT3 RS de 500 ch et simplifiez son aéro pour qu’elle soit plus discrète. Cerise sur le gâteau, rangez la transmission PDK à double embrayage au placard et ressortez une boîte mécanique à 6 rapports. On retrouve ainsi le museau de la GT3, et ses ailes larges, plus que la Carrera S et son bouclier arrière. L’assiette basse repose sur des jantes de 20 pouces au dessin très aéré pour permettre le refroidissement des freins. La poupe se dispense d’aileron fixe (au contraire des versions GT3) et profite d’un aileron AR mobile en fonction de la vitesse. Les appuis à haute vitesse sont sans comparaison avec la GT3 RS (35 kg d’appui à 300 km/h contre 115 kg pour la GT3). Pour éviter tout déséquilibre aéro, un diffuseur Lire la suite