Renault 5

renault-5-6La naissance de la Renault 5
Un homme, chez Renault, a bien compris l’évolution et les aspirations de la jeunesse de cette époque : Bernard Hanon. Incorporé au sein de la structure américaine de l’entreprise, il est professeur de gestion à l’université de New York. Au contact de ses étudiants, il comprend les modifications profondes de la société qui sont en train de germer et leurs aspirations à moins de conformisme.
Sa chance est de travailler dans une entreprise qui porte l’innovation dans ses gênes, attentive aux évolutions de la société et à l’écoute des attentes de ses clients. Elle a déjà lancé les années précédentes deux véhicules révolutionnaires : la Renault 4 en 1961 et la Renault 16 en 1965.
Il s’en ouvre au Président Directeur Général de l’époque, Louis Dreyfus, qui se laisse convaincre facilement et accepte que le projet soit lancé. Il portera le nom de code 122.

[slideshow id=264]La « Supercar »
Pour son lancement en 1972, la Renault 5 apparaît dans un dessin animé publicitaire lui aussi très innovant, sous le nom de « Supercar ». Le style moderne et original de la voiture marque une vraie révolution sur ce segment.
La voiture présente des formes arrondies, accentuées par la suppression de poignet de porte, intégrée à la carrosserie et des pare-chocs. Pour la première fois, les boucliers en polyester font leur apparition. Autre innovation majeure, le véhicule est prévu à son lancement en 2 portes au grand dam des commerçants, qui ne croient pas qu’un coach puisse intéresser des familles et prédisent des volumes limités. En réalité, la voiture grâce à sa structure bicorps offre un grand volume intérieur et est capable d’accueillir quatre adultes. La praticité est apportée par le hayon et le basculement possible de la banquette arrière. Elle fait appel à une structure monocoque plutôt qu’une plate-forme, comme la Renault 4. Son moteur est transversal
Avec un positionnement prix des plus étudié, elle n’a toutefois plus rien à voir avec les modèles économiques de l’époque mais apparaît immédiatement comme une citadine élégante et branchée. Ses dimensions font merveilles en ville : 3,50 m en longueur et 1, 52 en largeur. La Renault 5 est initialement disponible en version L, avec le moteur de la Renault 4 (782 cm3/36 ch.) et TL, avec le moteur de la Renault 8 (956 cm3/47 ch.) et un équipement de série plus complet (accoudoirs, tablette arrière, essuie-glace à deux vitesses…).
Immédiatement, le succès de la Renault 5 dépasse tous les pronostics et les délais de livraisons ne tardent pas à s‘allonger. Les usines n’arrivent plus à adapter leur production aux carnets de commandes.
Près de 5,5 millions de Renault 5 vendus sur les 5 continents

De l’année de son lancement en 1972 à l’arrêt de sa fabrication à l’export en 1992, la Renault 5, dans ses différentes versions, a été produite à 5.325.890 unités.

Le véhicule le plus vendu en France pendant 10 ans
La Renault 5 a été produite en France de 1972 à 1986 à l’usine de Flins (sous le nom Lauréate à partir de 1984). Pendant dix années, de 1974 à 1983, la Renault 5 va réussir l’exploit d’être le véhicule le plus vendu en France, affichant suivant les années, de 10 à 16% de part de marché. C’est la version « TL » qui sera de loin la plus commercialisée. En 1980, elle représente 239 513 exemplaires, soit 79,75% de la gamme, contre seulement 27 694 à la « L ».

Une carrière internationale
Les Renault 5 vendues à l’étranger représentent plus de la moitié de la production. Treize pays la produisent en dehors de la France. En Europe, les principaux sites seront Valladolid en Espagne et Haren-Villevorde en Belgique. Au début des années 70, ce dernier site réalise 12% de la production et neuf voitures sur dix sont exportées, pour plus de la moitié vers l’Allemagne, mais également vers l’Italie, la Suisse, les Pays-Bas… et la France.

Une Renault 5 pour chacun : bon marché, routière, raffinée ou sportive, elle s’appelle L, LS, TL, GTL, TS, TX, Alpine, Turbo ou Automatique.

– 1974 : une version sportive, baptisée LS, est dévoilée. Son moteur de 1289 cm3 revendique 64 ch. DIN et l’équipement est haut de gamme. L’année suivante, elle reçoit même des sièges intégraux.
– 1976 : apparaît la version GTL, équipée d’un 1289 cm3 de 42 ch. DIN. Elle inaugure des bandeaux latéraux de protection dans le même matériau que celui des boucliers avant et arrière. La grande nouveauté de l’année est toutefois la R5 Alpine. Elle est dotée d’un 1397 cm3, qui développe une puissance de 90 ch. On la reconnaît à ses jantes spécifiques ainsi qu’à son bouclier avant qui intègrent des antibrouillards. En 1977, ce modèle recevra les très belles jantes à trois fentes de l’Alpine A 310. Cette même année, la L voit son moteur remplacé par un 845 cm3 de 36 ch. DIN.
– 1978 : correspond à la commercialisation de la Renault 5 automatique, équipée d’un 1300 cm3 de 55 ch. reconnaissable à son toit en vinyle.
– 1979 : verra le lancement de la version 5 portes. A cette occasion, la gamme est remodelée et les versions L, TL et société reçoivent le 1108 cm3 de 45 ch. Le tableau de bord devient thermoformé et de nouveaux sièges apparaissent. Mais surtout cette même année voit apparaître une bombe, dans tous les sens du terme…
– 1982 : apparaît la Renault 5 TX, une version luxueuse qui préfigure les futures versions Baccarat. La R5 Alpine voit cette même année, sa puissance passer de 93 à 110 ch. grâce à l’adoption du turbo Garett.
– 1984 : la Renault 5 aborde sa dernière année de production en France sous cette appellation. Toutes les versions : base, TL, GTL, GTS, et TSE prennent l’appellation Lauréate. En effet, cette même année apparaît la Supercinq. Mais ceci est une autre histoire…
Les Turbos : les enfants terribles
La Renault 5 Turbo.
– 1979 : quand le prototype, de couleur bleue, est dévoilée au Salon de Francfort, les sportifs, même dans leurs rêves les plus fous, n’avaient imaginé pareil phénomène. En effet, il ne reste de la Renault 5 que la silhouette caractéristique, mais boursoufflée par des ailes énormes, des boucliers et des becquets à faire pâlir les « silhouettes » de l’époque.
– 1980 : Il faudra attendre le Salon de Bruxelles en janvier pour découvrir la version définitive. Le plus extraordinaire, se situe sous la carrosserie. Le moteur n’est plus à l’avant mais en position centrale arrière, juste derrière les sièges avant. Le 1397 cm3 de la Renault 5 Alpine est gavé par un turbo Garett et développe 160 ch.

La Renault 5 Turbo 2
– 1983 : la turbo 2 arbore une présentation plus simplifiée que sa devancière. Beaucoup d’éléments intérieurs sont en effet empruntés à la Renault 5 Alpine. La caisse perd ses ouvrants en aluminium : pavillon, hayon et portières sont désormais en tôle d’acier. Le moteur de 160 ch. produit plus de souplesse, ce qui facilite la vie au quotidien. Les ventes repartent et 3 424 unités tomberont de chaîne jusqu’en 1986, ultime année de production.
La Renault 5 et la compétition
Ce chapitre ne pourra, bien entendu, pas être exhaustif au regard du palmarès considérable de ce modèle. Nous essaierons simplement d’en mentionner les différentes phases et les exploits les plus marquants.
La voiture est bien née et le potentiel de la voiture mérite d’être mis en valeur.
– 1974 : la variante LS naît au printemps. Dès la fin de la saison elle remplace la Renault 12 en
fin de carrière dans la fameuse Coupe Renault Elf. Son moteur est poussé à 85 ch. DIN.
– 1975 la version LS est remplacée par une TS pratiquement identique qui se dote néanmoins de sièges « intégraux ».

L’époque des Renault 5 Alpine
– 1976 : le modèle Alpine arrive enfin au catalogue. Elle est équipée d’un bloc de 1289 cm3 réalésé à 1397 cm3 qui fournit 93 ch. à 6400 tr/m. La face avant possède un spoiler spécifique. Les réglages de suspensions privilégient le survirage ce qui laisse les talents de pilotage s’exprimer.
– 1977 : dès le début de la saison la version coupe est disponible. Pour de nombreuses années la Renault 5 Alpine va faire le bonheur des pilotes et des spectateurs et permettre de révéler de nombreux pilotes de talent.
50 exemplaires sont confiés à Sinpar pour être préparés en vue de l’homologation en groupe 2. Le rallye de San Remo est la première épreuve à laquelle est inscrite la voiture. Ragnotti se hisse à la 7e place au général et deuxième de sa catégorie malgré des problèmes de train avant. Une performance remarquable pour une voiture au début de son développement. Quelques semaines plus tard, Fréquelin remportera les Mille Pistes et le Rallye de Varsovie.
– 1978 : la petite Alpine va vivre son premier exploit au rallye de Monte Carlo, aux mains de Jean Ragnotti. Aidées par une météo capricieuse, de fortes quantités de neige et malgré une faible puissance comparée aux voitures du groupe 4… les Renault 5 mettent en valeur leur remarquable motricité. Ragnotti se livre à un numéro d’équilibriste. Il termine second derrière la Porsche de Nicolas. La Renault 5 y gagne le surnom de « planche à roulettes ». Guy Fréquelin hérite de la 3e place.

La Renault 5 Turbo arrive en compétition
– 1981 restera marquée par l’exploit de la victoire au rallye de Monte Carlo de Jean Ragnotti, après une bataille homérique avec les équipe Audi et leurs Quattro, la Porsche 911 de Thérier, de Darniche avec sa Stratos…
– 1982 : le Tour de Corse et ses 15 000 virages va être le théâtre d’un duel homérique entre la Ferrari de Andruet et Jean Ragnotti. Ce dernier prend la tête dès la quatrième étape pour ne plus la quitter.
– 1985 : le début de la saison est consacré aux nécessaires mises au point. Toutefois, très rapidement la voiture montre son potentiel. Au rallye de Touraine, Jean Ragnotti termine second. La première grande victoire de la nouvelle Renault 5 Maxi turbo apparaît au Tour de Corse avec Jean Ragnotti au volant. Il remporte une belle victoire au Tour de France de même qu’au Critérium d’Alsace et au Rallye du Var. La même année, Renault Sport décide d’inscrire la Renault 5 Turbo dans les épreuves du Championnat de France de Production, qui se déroule sur circuits, et en confie le volant à Jean-Louis Bousquet qui termine à la cinquième place du Championnat.
– 1986 : deux voitures sont confiées à Jean-Louis Bousquet et Jean Ragnotti. La voiture est redessinée afin de lui procurer plus de finesse aérodynamique et plus de stabilité en ligne droite. La voiture termine à la deuxième place du Championnat.
– 1987 : trois voitures sont engagées pour la saison. Erik Comas rejoint l’équipe. Les ingénieurs ont élargi le train avant, afin de procurer une meilleure stabilité, point faible de la précédente version. Le moteur est également retravaillé. Il développe maintenant 385 ch. à 7 000 tr/min. Comas en gagnant six épreuves sur douze survole la saison et remporte bien entendu le titre. La Renault 5 Turbo conclut, avec ce titre, sa carrière sportive.

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