Lotus Esprit – Guide Achat

La Lotus Esprit et son design "en coin" est signé Giorgetto Giugiaro. (1976)

La Lotus Esprit et son design « en coin » est signé Giorgetto Giugiaro. (1976)

Salon de Londres 1976 (Earl's Court) : présentation de la Lotus Esprit S1.

Salon de Londres 1976 (Earl’s Court) : présentation de la Lotus Esprit S1.

Lorsque la Lotus Esprit est dévoilée au Salon de Londres en 1976, elle incarne à la fois la modernité du design automobile et la philosophie technique de Colin Chapman, fondateur de la marque. Succédant à la Lotus Europa, elle marque un saut qualitatif et technologique pour le petit constructeur britannique, qui souhaite se hisser au niveau des Ferrari, Lamborghini et Porsche de l’époque. Dessinée par le maître italien Giorgetto Giugiaro, alors adepte du style « en coin » avec ses lignes anguleuses et tendues, l’Esprit impose immédiatement une silhouette futuriste qui tranche avec les courbes des sportives transalpines. Le châssis poutre en acier et la carrosserie en composite reprennent la recette maison, alliant légèreté et rigidité, deux valeurs chères à Chapman.

Mais l’Esprit, ce n’est pas qu’une simple GT exotique : c’est aussi l’ambition de Lotus d’entrer dans une nouvelle dimension. En choisissant l’architecture moteur central arrière, la marque s’inscrit dans la lignée des supercars les plus modernes. La voiture arrive dans un contexte où le marché des coupés sportifs de prestige est en pleine effervescence : Ferrari commercialise sa 308 GTB, Lamborghini propose l’Urraco puis la Jalpa, tandis que Porsche domine avec sa 911 Turbo. Face à cette concurrence redoutable, Lotus mise sur son expertise unique du châssis et du rapport poids/puissance.

L’Esprit va traverser près de trois décennies de carrière, subissant plusieurs restylages majeurs et évolutions mécaniques profondes. Du premier 4 cylindres atmosphérique de 160 ch à la redoutable V8 Esprit biturbo de 350 ch, elle ne cessera de s’améliorer tout en gardant son identité : une GT radicale, fine à conduire, plus proche de la voiture de course homologuée route que du coupé de grand tourisme confortable. De James Bond aux circuits de compétition, l’Esprit s’imposera comme l’une des icônes absolues de Lotus, produite à un peu plus de 10 000 exemplaires entre 1976 et 2004.

Enfin, son héritage dépasse sa propre carrière : l’architecture moteur central arrière et la recherche constante de légèreté inspireront la marque bien au-delà. On retrouve son influence dans la Lotus Evora lancée en 2009, qui cherchera à concilier confort et sportivité, et plus récemment dans l’Emira, dernière thermique de la firme. L’Esprit demeure ainsi un jalon essentiel dans l’histoire de Lotus, ayant contribué à forger une réputation qui perdure encore aujourd’hui. Lire la suite

Ferrari Testarossa – Guide Achat

Ferrari 250 Testa Rossa (1957)

Ferrari 250 Testa Rossa (1957)

Ferrari Testarossa (Pininfarina)

Ferrari Testarossa (Pininfarina)

Ferrari Testarossa (1984)

Ferrari Testarossa (1984)

Le nom Testarossa appartient à l’histoire légendaire de Ferrari. Dès la fin des années 50, la Ferrari 250 Testa Rossa dominait les circuits d’endurance, forgeant un palmarès exceptionnel et associant le terme italien « tête rouge » – en référence aux couvre-culasses peints en rouge – à la compétition. Plus de vingt ans plus tard, Ferrari réactive ce patronyme mythique pour baptiser sa nouvelle GT à moteur 12 cylindres, présentée en 1984 au Salon de Paris.

Le contexte est particulier : la marque doit remplacer la 512 BBi et proposer une voiture à la fois plus moderne, plus confortable et mieux adaptée aux normes de sécurité et d’émissions, tout en préservant l’aura du 12 cylindres à plat. Le style est confié à Pininfarina, qui dessine une carrosserie spectaculaire signée Leonardo Fioravanti. Ses lignes basses et larges, dominées par les fameux « persiennes » latérales, deviennent instantanément iconiques. La Testarossa incarne l’exubérance des années 80, autant par son design que par ses apparitions médiatiques, de Miami Vice aux magazines de luxe.

Sous le capot, le 12 cylindres à plat de 4,9 litres développe 390 ch, de quoi propulser la GT à près de 300 km/h. La Testarossa impressionne autant par sa présence que par ses performances, et marquera profondément son époque. Ses évolutions, la 512 TR en 1992 puis la F512 M en 1994, perfectionneront la recette et amèneront la lignée jusqu’en 1996, avant le passage de témoin à la 550 Maranello. Lire la suite

Porsche 944 – Guide Achat

Porsche 944 (1981)

Porsche 944 (1981)

Porsche 944 Turbo S (1989)

Porsche 944 Turbo S (1989)

Au tournant des années 80, Porsche est en pleine mutation. La 911 reste au catalogue, mais la marque sait qu’elle doit élargir son offre pour toucher une clientèle nouvelle. La 924, née d’un projet commun avec Volkswagen-Audi, a permis de franchir une étape, mais sa motorisation d’origine Audi bride son image. Pour redorer son blason, Porsche lance en 1980 la 924 Carrera GT, véritable vitrine technologique et sportive avec ses ailes élargies et son look plus agressif.

C’est cette 924 GT qui sert d’inspiration directe à la Porsche 944, dévoilée en 1981. Reprenant ses galbes musclés et son assise large, la 944 reçoit surtout un moteur 100 % Porsche : un 4 cylindres 2,5 litres dérivé du V8 de la 928, coupé en deux. Avec cette mécanique maison et son architecture transaxle (moteur avant, boîte arrière), la 944 affiche un équilibre exemplaire et un caractère nettement plus affirmé que sa devancière.

Produite jusqu’en 1991, elle connaîtra une riche carrière avec plusieurs déclinaisons : 2.5, 2.7, S, S2, Turbo, Turbo S et cabriolet. Plus homogène et polyvalente que la 924, plus accessible qu’une 911, la 944 s’est imposée comme l’une des Porsche emblématiques des années 80, héritière de la 924 Carrera GT et annonciatrice de la 968. Lire la suite

Renault Supercinq GT Turbo – Guide Achat

Renault Supercinq (Marcello Gandini)

Renault Supercinq (Marcello Gandini)

Au milieu des années 80, Renault cherche à prolonger le succès de sa R5 Alpine Turbo en proposant une sportive compacte capable de rivaliser avec les Volkswagen Golf GTI et Peugeot 205 GTI. La base choisie est la nouvelle Supercinq, lancée en 1984, qui va donner naissance en 1985 à l’une des sportives populaires les plus marquantes de la décennie : la

Renault Supercinq GT "Coupe" (1984)

Renault Supercinq GT « Coupe » (1985)

Renault Supercinq GT Turbo.

Avec son moteur turbo compressé, son gabarit compact et son look sportif assumé, elle s’impose rapidement comme une référence de la catégorie, en particulier grâce à ses performances décoiffantes et son comportement joueur. De la Phase 1 brutale à la Phase 2 plus aboutie, sans oublier ses séries spéciales emblématiques et ses exploits en rallye, la GT Turbo reste un symbole de l’âge d’or des petites sportives françaises.
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Peugeot 205 GTI 1,6 litres 105 ch

Peugeot 205 GTI 1,6 litres 105 ch

Peugeot 205 GTI 1,6 litres 105 ch
1984 – 4 cyl. en ligne 8V
105 ch – 193 km/h
850 kg

Depuis 1976, la Golf GTI règne avec insolence sur la catégorie éponyme qu’elle a initiée. Toutes s’y cassent les dents… Mais en 1984, Peugeot en plein renouveau avec sa 205 sort l’arme fatale : la Peugeot 205 GTI. Reprenant les recettes du succès de la Golf GTI qui s’embourgeoise dans le même temps avec sa 2e génération, Peugeot adopte un marketing agressif, tandis que la 205 GTI 1,6 peut compter tant sur les succès retentissants de la 205 Turbo 16 en groupe B (Rallyes) que sur une homogénéité que peu de GTI Lire la suite

BMW M635 CSi E24

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BMW M635 CSi E24
1984 – 6 cyl. en ligne 24V
286 ch – 255 km/h
1 505 kg

En 1984, BMW dévoile un coupé 635 CSI qui sort de ses ateliers Motorsport. Pas de doute, la BMW M635 CSI (baptisée aussi M6 aux USA) annonce fièrement la couleur du sport avec une présentation tapageuse : spoiler AV proéminent, passages d’ailes, becquet de malle AR plat, jantes TRX… Le capot abrite le 3,5 litres qui officiait déjà dans la BMW M1. Un moteur de supercar dans une GT ? Lire la suite

Porsche 944 Turbo 951

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Porsche 944 Turbo 951
1985 – 4 cyl. en ligne 8V Turbo
220 ch – 245 km/h
1 280 kg

Après des participations concluante en endurance début 80 de la Porsche 924 GTP, véritable laboratoire de la Porsche 944 Turbo, à Weissach on dévoile l’offensive « Turbo » pour sa 944 en 1985. Véritablement revue intégralement, et nettement plus performante que les Porsche 944 et 944 S, la version Turbo profite d’un faciès plus Lire la suite

Alpina B7 Turbo Coupé E24

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Alpina B7 Turbo Coupé E24
1985 – 6 cyl. en ligne 12V Turbo
300 ch – 250 km/h
1 550 kg

Depuis les années 60, à Buchloe, fief d’Alpina, on se fait fort de donner du tonus aux BMW. La BMW série 6 (E24), n’échappe pas à cette tradition et profite même d’une déclinaison exceptionnelle : l’Alpina B7 Turbo de 300 ch. Chez BMW Motorsport, la M635 CSi, quelques années plus tard, a préféré une solution atmo, mais Alpina Lire la suite

Alfa Romeo Alfetta GT & GTV – Guide Achat

Alfa-Romeo Alfetta berlina 1800

Alfa-Romeo Alfetta berlina 1800 (1972)

Alfa-Romeo Giulia 2000 GTV

Alfa-Romeo Giulia 2000 GTV

Il faut trouver un successeur au vieillissant et pourtant toujours charmeur coupé Alfa-Romeo Giulia « Bertone ». C’est donc la nouvelle berline Alfetta tipo 116 qui va servir de plateforme pour le nouveau coupé qui va porter le patronyme de sa « donneuse » : Alfetta GT. Dans le cahier des charges le constructeur milanais a pensé dès la fin des années 60 au successeur à son coupé Giulia à succès, en prenant une orientation plus Grand Tourisme. Plus de place, un coffre accru pour les bagages, plus de confort, voilà qui donne un nouveau cap. Après différentes études, dont certaines se rapprochent du coupé Fiat Dino en matière de style, c’est l’incontournable Giorgetto Giugiaro (déjà auteur du coupé Bertone), qui agit désormais dans sa propre entreprise Ital Design, qui va remporter la décision finale avec un dessin très moderne, une ligne en coin et une élégance teintée de vitesse. Museau fin avec calandre Alfa au centre et les deux paires de doubles phares ronds, larges surfaces vitrées latérales conférant une belle lumière dans l’habitacle vaste pour quatre personnes. L’arrière à pan coupé et la partie la plus massive, mais Giugiaro a joué sur le dessin des optiques et sur les plis de carrosserie pour alléger l’ensemble. Deux ans après la berline Alfetta, l’Alfa-Romeo GT est présentée et commercialisée en 1974.
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Porsche 930 Turbo 3L3

Porsche 930 Turbo 3L3

Porsche 930 Turbo 3L3
1977 – 6 cyl. Flat 6 Turbo 12V
300 ch – 260 km/h
1 195 kg

Au salon de Paris 1974, Porsche a jeté un pavé dans la mare des supercars et super GT avec sa nouvelle Porsche 930 Turbo 3L0. La Porsche 911 se fâche ? En quelque sorte… Conservant intactes les qualités intrinsèques de la Porsche 911 (polyvalence d’usage, finition, impression de robustesse, performances, caractère du Flat 6, pilotage singulier mais efficace pour qui sait, places arrière d’appoint…), le turbocompresseur KKK a jouté une « turbodimension » avec des performances d’un autre monde ! Voilà la Porsche 930 Turbo qui change les codes de cette catégorie, avec des performances diaboliques et des accélérations à couper le souffle, mais sans pour autant sacrifier les autres qualités énumérées plus haut. Et histoire de conserver son avance, la Porsche 930 Turbo adopte un Flat 6 plus dès juillet 1977, lui autorisant ainsi un regain de performances et une puissance portée à 300 ch. Seuls les afficionados du modèle sauront reconnaitre cette nouvelle variante au premier coup d’œil en raison des jantes de 16 pouces qui Lire la suite