Donkervoort S8A

Donkervoort S8A
1985 – 4 cyl. en ligne 8V
117 ch – 185 km/h
675 kg

Depuis 1978, Joop Donkervoort s’est mis en tête de propose son interprétation de la Lotus Seven. Cet amateur éclairé et exigeant était devenu dans l’incapacité d’homologuer alors les Caterham en Hollande avec les nouvelles normes (trop petites). Il a donc repris le concept à zéro, même si la Donkervoort S7 des débuts restait encore fidèle au concept initial. Puis dès 1983, la S8 a pris son envol avec des particularités techniques spécifiques. Fort de ses premiers succès, Joop Donkervoort poursuit son travail d’amélioration avec pour cette année 1985 une version S8A. Si l’esthétique évolue que sur des points de détails (nez et ailes à la forme plus élégante et profilée, capot plat sans bossage), ce sont les dessous qui méritent amplement le détour et confère à la Donkervoort S8A des qualités sportives de très haut niveau. Plus longue, plus large, et avec son style plus moderne, la Donkervoort conserve néanmoins l’esprit « Lotus Seven » avec son concept de barquette deux places avec ses phares lui donnant des airs de grenouille. Passages de roue qui semblent hérités des années 50 (les lignes pontons ? Elle connaît pas !), c’est avant tout le gabarit et la (très !) faible hauteur qui marque les esprits avec 1,10 mètres seulement. Malgré son faible encombrement, la Donkervoort se pare d’une roue de secours extérieur sur la malle arrière. Dans les détails qui font mouche, on appréciera les jantes alu au dessin maison à 5 branches, et l’échappement latéral sur lequel est percé en imposte « S8A ». Y’a plus qu’à sauter dedans…

Gros deux litres Ford de 117 ch et une plastique repensée pour plus de séduction sans négliger les (rares) aspects pratiques. La Donkervoort S8A magnifie en qualité le concept Lotus Seven et demeure aussi efficace que performante.

Après avoir expérimenté un moteur Ford 1,6 litres à carburateurs de 90 ch, c’est le quatre cylindres 2 litres OHC de la Ford Pinto qui est repris. Avec ses 1 993 cm3 de cylindrée c’est une mécanique largement éprouvée et diffusée sous les capots de nombreuses Ford Européennes comme les Sierra ou Scorpio. Très classique de conception, il est composé d’un bloc et d’une culasse en fonte. Entraîné par courroie crantée, huit soupapes et leur arbre à came en tête jouent les appels d’air pour les chambres de combustion. Placé en position longitudinale avant, il est équipé d’une injection électronique permettant de porter la puissance à 117 ch à 5 500 tr/mn et un couple de 163 Nm à 4 000 tr/mn. Des valeurs qui peuvent sembler modestes (inférieures à 60 ch/litre) mais qui alliées à un poids limité à 675 kilos permettent au bloc Ford de faire des étincelles dans la Donkervoort S8A. C’est aussi le géant de Dearborn qui fournit la boîte de vitesses à 5 rapports. Une fois le chrono enclenché, la Donkervoort S8A réalise de très beaux scores avec un 0 à 100 km/h en 6’’0 alors que la vitesse maximale bute à 205 km/h. Logique en raison des rapports de pont et d’une aérodynamique qui est négligée, l’essentiel étant ailleurs. La Donkervoort S8A recèle dans ses dessous de nombreuses nouveautés : le châssis tubulaire est plus large et plus léger, et surtout, il est recouvert de panneaux en aluminium collés et fixés avec des rivets. Une méthode révolutionnaire qui n’a jamais été utilisée auparavant dans l’industrie automobile. Accrochés à ce châssis on conserve les triangles superposés à l’avant. Et l’arrière abandonne l’essieu rigide (alors que Caterham y reste attaché) pour une double triangulation et des roues indépendantes. Le résultat en efficacité de tenue de route, et en confort est en nette progression. Le freinage est confié à des freins à disques ventilés avant et des tambours arrière, tandis le système de freins est doublé avec la possibilité d’équilibrer le freinage sur l’avant et l’arrière. Vous avez dit voiture de course ? Peut être pas, mais une sacrée voiture de sport à la conception soignée et dédiée à la performance. La direction à crémaillère est sans assistance pour un meilleur ressenti (viril) de la route. Seules les évolutions à basse vitesse rendent la direction lourde. Mais dès que la vitesse s’accélère, c’est le nirvana avec précision et remontées d’informations précieuses. D’une manière plus globale, l’ensemble des commandes sont fermes et nécessite une conduite engagée de la part du conducteur. Un retour aux sources des sensations bienvenue et vivifiant. Les roues alu sont d’un diamètres de 15 pouces et montées en pneus 205/50 R15 AV et 225/50 R15 AR. Et bien évidemment, le rapport poids/puissance inférieur à 6 kg/ch garantit une conduite pleine d’allégresse. Vive, précise et rapide, la Donkervoort S8A saute d’un virage à l’autre avec une aisance déconcertante et enfonce le clou de l’adage de Colin Chapman : « Light is right ». Avec les modifications apportées au châssis sur cette évolution « S8A », le confort a progressé d’un cran et le train arrière gagne en motricité et conserve un meilleur contact avec le bitume. Réglée naturellement sousvireuse pour une conduite plus accessible, il est néanmoins possible de piloter à l’accélérateur dès que l’arrière prend des envie de tango. A vous de voir quel pilote sommeille en vous ! L’habitacle est plus grand et habitacle que celui d’une Caterham. Ah bon ?… Le pire c’est que c’est vrai : plus de place pour les pieds au niveau du pédalier (éviter les gros godillots), ainsi que pour le corps (merci les baquets signés Corbeau). L’intérieur est très bien fini et présenté même si cela reste très minimaliste avec un équipement réduit au minimum. Tout est concentré pour le plaisir de piloter (ou conduire c’est selon) mais pas voyager même si le coffre autorise quelques affaires pour voyager à deux. Oubliez autoradio, allume cigare ou autres détails nécessairement futiles dans une voiture de sport radicale. La capote rend l’accès à bord délicat (acrobatique même), et rouler vite engendre rapidement des remous d’air dans l’habitacle qui impose de laisser les portes en place. Dans le catalogue des options, vous pouvez opter pour la sellerie cuir (10 431 FF), peinture métallisée (3 397 FF), doublures d’ailes en aluminium (1 792 FF l’unité), roues compétition (3 046 FF) et capote + portes + tonneau cover en tissu « Mercedes » (8 080 FF).

Notre avis
cropped-emoticon.jpgJoop Donkervoort fait évoluer le concept Lotus Seven avec un état d’esprit bien à lui : qualitatif, plus cossu mais toujours très sportif. Pas de doute, la Donkervoort S8A marque des points précieux et s’impose comme une pièce de choix pour les amateurs de conduite très sportive et sans filtre. Avec une notoriété plus discrète que les cousines anglaises, la Donkervoort S8A semble réservée à une clientèle de connaisseurs, très avertis et aussi disposés à payer le prix fort puisque le tarif dépasse les 200 000 Francs. Pas donné certes, mais une fois à bord, quelles sensations et quel plaisir de conduite. Une conduite réservée avant tout à un usage d’épicurien dont la seule vocation est de rouler mais pas voyager…

Autres versions :

Les Rivales :

  • Caterham Super Seven 1600 GT La Caterham Super Seven depuis 1972 a repris le témoin à la Lotus éponyme. Mais point de réinterprétation, au contraire, Caterham souhaite rester fidèle en tout points à la Lotus Seven S3. Résultat, on retrouve la bouille toujours inimitable de la Seven qui devient Super Seven dans le catalogue Caterham. Faciès de batracien avec ses petits phares ronds, ailes rapportées et coque étroite… Pas de doute le mythe perdure, ainsi que sa mécanique Ford qui respire sous le capot AV… Véritable ...
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  • Martin Seven S1 TTM-GM0 Après avoir sévi depuis 1972 dans les cadres de motos, Georges Martin décide pour 1986 d’homologuer une réplique de Lotus Seven de sa conception, en s’inspirant du châssis d’une Donkervoort S8. Pas étonnant donc de retrouver la bouille inimitable de la Lotus Seven dans les traits tracés par Georges Martin. Voulue économique, mais rigide et performante, la Martin Seven S1 est motorisée par un bloc 1,6 litres Ford comme ses cousines (Caterham et Donkervoort). La Seven made in France était ...

Avant d’acheter
Produite en (tout) petite série, la Donkervoort S8A a été fabriquée et vendue de 1985 à 1993. Inutile donc de s’attendre à en croiser beaucoup dans les petites annonces ni même dans la rue. Il faut attendre patiemment qu’un actuel propriétaire daigne accepter de se séparer de sa « Donk’ » comme les appellent les afficionados de la marque hollandaise. Robustes et bien construites, les Donkervoort S8A sont généralement fiables et solides, et résistent bien aux affres du temps. D’autant plus qu’en raison d’une philosophie radicale et extrême, leur usage les confine généralement aux balades ou aux sorties circuits. Résultat, il n’est pas rare que les kilométrages affichés semblent peu élevés eut égard au nombre des années. Il faut surveiller à l’achat l’état de la structure tubulaire composant le châssis pour s’assurer que l’auto n’a pas tapé et été refaite avec des malfaçons. Le bloc Ford est éprouvé et robuste et ne nécessite que l’entretien courant classique. Doté d’une courroie de distribution il faut juste penser à la remplacer tous les 5 ans ou 80 000 km. Les pièces d’usures classiques (freins, pneumatiques) résistent longtemps grâce au poids inférieur à 700 kilos. Attention à ce que le modèle convoité soit bien complet avec tous ses éléments, faute de quoi il faut mettre la main au portefeuille. Se rapprocher de clubs de passionnés n’est pas inutile étant la rareté des Donkervoort et la méconnaissance de ces autos de la majorité des professionnels. Il convient de faire un contrôle et un resserrage des trains roulants régulièrement, surtout dans l’optique d’une pratique assidue de track days. Enfin pensez à contrôler les 4 rotules des tirants de chasse (jeu possible vers 45/50 000 km).

Mots clés : Donkervoort | S8A | Ford | 2 litres | Light Cars | Joop | Lotus | Seven | Nieuw Loosdrecht | Roadster | Cabriolet | Light is Right | DONKERVOORT | S8A | ROADSTER | CABRIOLET

TOPLook terrible ǀ Esprit de Colin Chapman ǀ Lotus Seven plus qualitatitive ǀ Qualité de finition ǀ Poids contenu ǀ Tenue de route diabolique ǀ Sensations de conduite ǀ Performances ǀ Mécanique de série ǀ Comportement facile à appréhender ǀ Plaisir de conduite ǀ Position de conduite ǀ Place à bord améliorée vs les Caterham ǀ Confort d’amortissement FLOPTarif ǀ Polyvalence d’usage ? ǀ Réseau de réparation réduit en France ǀ Direction virile dans les manœuvres ǀ Visibilité capote en place ǀ Délicate à la limite ǀ Les autres véhicules ne vous voient pas ! ǀ Absence de repose-pied gauche conducteur

Fiche Technique

Marque :
Gamme :
Année :
PA – Prix neuf :
Moteur :
Puissance :
Couple :
Suralimentation:
Transmission :
Poids (RPP) :
Freins :
Roues :

Performances :

Donkervoort
S8A
1985
9 CV – 233 730 FF
4 cylindres en ligne 8 soupapes (1 ACT) –2 174 cm3
117 ch à 5 500 tr/mn (58,71 ch/litre)
163 Nm à 4 000 tr/mn (81,79 Nm/litre)
non
propulsion + BV5 manuelle
675 kilos (5,77 kg/ch)
2 disques ventilés AV et 2 tambours pleins AR
jantes alu 15″ AV et AR + pneus en 205/50 R15 AV et 225/50 R15 AR
0 à 100 km/h en 6‘0; 205 km/h, km DA en ND

Textes : Morgan Goupil (Alis Webzine) – Photos : D.R

Donkervoort S8A
  • Donkervoort S8A Depuis 1978, Joop Donkervoort s’est mis en tête de propose son interprétation de la Lotus Seven. Cet amateur éclairé et exigeant était devenu dans l’incapacité d’homologuer alors les Caterham en Hollande avec les nouvelles normes (trop petites). Il a donc repris le concept à zéro, même si la Donkervoort S7 des débuts restait encore fidèle ...
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