Alfa-Romeo Montreal

Alfa-Romeo Montreal
1970 – 8 cyl. en V 16V
200 ch – 225 km/h
1 270 kg

Après l’exposition universelle de Montréal en 1967 et le très beau concept car tracé par Marcello Gandini pour le compte de Bertone, Alfa-Romeo tient le public en haleine avec la présentation en mars 1970 à Genève de la version définitive routière. Entre le proto de l’expo et la version finale les différences sont nombreuses. Certes, on retrouve tous les détails de style comme les phares avant à demi-escamotés derrière des persiennes élégantes à souhait. Une ces dernières fois relevées, le faciès de l’Alfa-Romeo Montreal change de physionomie avec ses quatre phares ronds. Le profil sur les larges montants de custodes reprend à son compte les découpes. Parebrise bien tendu, profil hatchback, l’Alfa-Romeo Montreal détonne quelque peu avec son empattement court et ses porte-à-faux excessifs. La raison est bien simple, c’est qu’entre l’étude de style de départ et la version finale, le constructeur italien, faute de moyen et empêtré dans des grèves à répétition a paré au plus pressé : adapter le dessin original sur un châssis existant d’Alfa Romeo Giulia Coupé Bertone. Le capot moteur accueille un bossage avec prise d’air dynamique pour alimenter le V8, tandis que les touches de chromes nombreuses ainsi que les jantes alu de 14 pouces soulignent l’exclusivité et le luxe revendiqués par Alfa-Romeo. La poupe est très moderne avec de larges feux tandis que le hayon certes pratique, impose un seuil de chargement assez haut.

Une robe séduisante et très originale, un V8 à la technique proche de la compétition et des performances de haut niveau l’Alfa-Romeo Montreal a tout pour elle ? Presque, son châssis vieillot vous ramène sur terre…

Repris à l’origine à l’Alfa-Romeo Tipo 33 2 litres de compétition (!), le V8 tout aluminium de la Montreal se remarque par sa faible hauteur. La raison tient à sa lubrification par carter sec pour éviter les risques de déjaugeage. Réalésé à 2 593 cm3, ce V8 appartient à la catégorie des super carrés avec un alésage de 80 mm pour une course de 64,5 mm lui autorisant ainsi une belle aisance pour grimper dans les tours. Preuve de son ADN hérité de la course automobile. Le vilebrequin tourne sur cinq paliers tandis que les chemises humides sont amovibles. La partie haute du moteur est des plus raffinées avec deux culasses à double arbres à cames en tête (soit quatre au total) entraînés par chaînes de distribution pour deux soupapes par cylindres. Alfa-Romeo a conçu une injection indirecte SPICA/Alfa Romeo AIBB 8C S75 alimentée par deux pompes à essence Bosch et alliée à un allumage électronique. Le conducteur de l’Alfa-Romeo Montreal peut ainsi espérer avoir sous son pied droit 200 ch à 6 500 tr/mn et un couple de 255 Nm à 4 750 tr/mn. Cela donne un rapport de 77,13 ch/litre ce qui est déjà en soi une valeur très relevée pour un moteur de grande série. La boîte de vitesses manuelle à 5 rapports fournie par ZF est complétée d’un différentiel autobloquant. Les performances de cette Alfa sont très élevées avec 225 km/h en vitesse maximale mais surtout de belles accélérations favorisées par le V8 prompt à monter dans les tours minutes et la commande de boîte douce et rapide (7’’1 sur le 0 à 100 km/h ; km DA en 28’’5). Des valeurs à mettre au crédit du très bon V8 Alfa qui joue d’égal à égal avec le V6 Maserati des Citroën SM et Ligier JS2, le V6 Ferrari de la Dino 246 GT ou encore le Flat 6 de la Porsche 911 2L4 S. Voilà qui permet de placer l’Alfa-Romeo Montreal parmi les références de la catégorie. En revanche, les dessous de cette belle robe à la voix d’or l’éloignent des ténors précédemment énumérées. Basée sur un « antique » châssis de Giulia Coupé Bertone dont les origines remontent à la fin des années… 50 (!), l’Alfa-Romeo Montreal est une coque autoporteuse. A l’avant les roues sont indépendantes avec des triangles superposés avec ressorts hélicoïdaux. L’essieu arrière est rigide (alors que l’Alfetta contemporaine dispose d’un pont de Dion) avec un pont en alliage léger guidé par un triangle orienté vers l’avant dans le sens latéral et par deux jambes de force dans le sens longitudinal. Les deux essieux sont équipés de barres antiroulis. Le freinage est confié à quatre disques (ventilés avant) et la direction à circuit de billes est sans assistance (assez lourde à l’usage) et très démultipliée avec 4 tours de volant de butée à butée. Et cerise sur le gâteau, le poids reste conséquent avec près de 1,3 tonnes. Résultat, l’Alfa Romeo Montreal conjugue les extrêmes dans le positif et le négatif. Une sorte de ying et yang automobile : le confort et l’amortissement est parfait tout comme le freinage qui se montre puissant et rassurant eut égard aux performances du V8. En revanche, si le comportement est globalement équilibré, l’ensemble est très chaloupé et imprécis avec beaucoup de sousvirage. Une sorte d’attitude de voiture américaine en quelque sorte, mais avec un V8 de compétition dans lequel il ne faut pas hésiter à taper dans les tours. Etonnant… L’habitacle brille plus par sa présentation sportive et originale que par son habitabilité ou sa position de conduite : peu de place pour les jambes, pédalier décalé et ergonomie particulière sur certaines commandes à l’instar des balais d’essuie-glace et lave-glace. Beaucoup de plastiques sont durs et peu flatteurs pour une auto de ce prix et certaines lacunes d’équipement de série (vitres électriques en option) sont inadmissibles sur une auto de ce prix. A noter que la visibilité trois quart arrière est quasi nulle, tandis que les places arrières sont des plus symboliques en raison de l’absence d’espace pour les jambes.

Notre avis
emoticonAlfa-Romeo joue le chaud et le froid avec sa Montreal. Si sa ligne, même adaptée à une base existante et vieillotte (Giulia coupé Bertone), est l’un de ses points marquants, autant que son (petit) V8 raffiné et performant qui semblerait lui ouvrir les portes des voitures de sport, son comportement routier chaloupé la cantonne au rôle du Grand Tourisme rapide et confortable. Un comble pour une voiture de sport douée d’une telle mécanique ! Cuore Sportivo, certes, mais pas ses trains roulants d’un autre temps qui font cruellement regretter que la firme au Biscione n’ait pas pu développer de manière plus aboutie sa GT. D’autant plus regrettable que l’Alfa Romeo Montreal n’est pas particulièrement bon marché. Et dans sa catégorie, ses rivales sont souvent plus abouties et homogènes… Mais quelle ligne !

Autres versions :

Les Rivales :

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Avant d’acheter
Produite de 1970 à 1974, l’Alfa-Romeo Montreal se fait plutôt rare dans les petites annonces avec ses 3 925 exemplaires sortis de chaîne dont 188 en conduite anglaise (à droite donc). Avant de se précipiter, il faudra être patient et scruter l’exemplaire convoité. Longtemps dans une période confuse sur le marché, les Alfa-Romeo Montreal sont revenues sur le devant de la scène par leur histoire et leur design original et sexy. Bien que badgée Alfa-Romeo, n’imaginez pas que la Montreal est une « simple » Alfa. L’entretien doit être scrupuleusement respecté et réalisé par des hommes de l’art. La première chose à regarder avant de faire un chèque d’achat est que la carrosserie ne souffre pas des affres de la corrosion sous peine d’avoir des frais de remise en état considérables. Autre point notable, tous les éléments spécifiques de finition et présentation doivent être présents sans exception car les pièces spécifiques sont rares et onéreuses. Le V8, malgré son injection est difficile à régler pour le profane et mérite tous les égards : ne pas tirer dedans à froid, lui réserver qu’une huile de qualité vidangée régulièrement… Les habitacles sont dotés d’une finition peu résistante aux outrages du temps et seules les Alfa Romeo Montreal dont les propriétaires en prennent soin sont réellement belles et bien préservées sur le marché. Les trains roulants méritent également des contrôles et réglages aux préconisations constructeur. Enfin, l’électricité peut montrer quelques signes de fantaisie dont seules les italiennes savent vous gratifier. Acheter une Alfa-Romeo Montreal est avant tout un acte passionné mais réfléchi en connaissance de cause.
Entretien : ND

Mots clés : Alfa-Romeo | Montreal | V8 | 4 ACT | Biscione | Coupé Sport | GT ǀ Grand Tourisme ǀ Milan | Arese | Italie | ALFA-ROMEO | MONTREAL | COUPE ǀ GRAND TOURISME ǀ COUPE SPORT

TOP Design original et charmeur ǀ Détails de style ǀ V8 raffiné et sportif ǀ Confort ǀ Douceur des commandes ǀ Présentation intérieure ǀ Performances ǀ Injection électronique ǀ Freinage ǀ Visibilité latérale ǀ Poids ǀ Position de conduite et ergonomie générale ǀ Souplesse moteur ǀ Amortissement ǀ Commande de boîte ǀ Freinage FLOP Châssis vieillot et peu adapté ǀ carrosserie exposée aux chocs ǀ Places arrière symboliques ǀ Position de conduite perfectible ǀ Tarif ǀ Habitabilité mesurée ǀ Poids ǀ Visibilité ¾ arrière ǀ Qualité finition intérieur ǀ Lacunes d’équipement ǀ Roulis trop prononcé ǀ Lourdeur et démultiplication de direction ǀ Consommation

CATALOGUES – BROCHURES – PROSPECTUS

Fiche Technique

Marque :
Gamme :
Année :
PA – Prix neuf :
Moteur :
Puissance :
Couple :
Suralimentation:
Transmission :
Poids (RPP) :
Freins :
Roues :

Performances :

Alfa-Romeo
Montreal
1970
ND CV – 60 000 FF
8 cylindres en V 16 soupapes (2×2 ACT) –2 593 cm3
200 ch à 6 500 tr/mn (77,13 ch/litre)
255 Nm à 4 750 tr/mn (98,34 Nm/litre)
non
propulsion + BV5 manuelle + autobloquant
1 270 kilos (6,35 kg/ch)
2 disques ventilés AV et 2 disques pleins AR
jantes acier 14″ AV et AR + pneus en 195/70 VR 14 AV et 195/70 VR 14 AR
0 à 100 km/h en 7“1 ; 225 km/h, km DA en 28“5

Textes : Morgan Goupil (Alis Webzine) – Photos : D.R

Alfa-Romeo Montreal
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