Mercedes-Benz SL R107 – Guide Achat

Mercedes-Benz SL R107 conception

Mercedes-Benz SL R107 conception

En avril 1971, sur le circuit de Hockenheim, Daimler-Benz lève le voile sur l’une des automobiles les plus durables de l’histoire industrielle : la 350 SL, première expression de ce que l’on appellera rétrospectivement la série R107. Destinée à succéder à la légendaire « Pagode » (W113), dont les lignes avaient enchanté les amateurs depuis 1963, la nouvelle SL opère un virage stylistique radical sous la houlette du designer Friedrich Geiger — à qui l’on devait déjà des créations intemporelles telles que la 300 SL Papillon et son roadster. Là où sa devancière flirtait avec la légèreté presque aérienne de la silhouette, la R107 impose une présence plus affirmée, plus massive, inaugurant un langage formel que Mercedes allait reprendre dès la fin 1972 sur sa première Classe S de l’histoire, la W116. Les phares rectangulaires à grand format H4, les feux arrière imposants aux cannelures antisalissures brevetées et la légère forme en coin trahissent les nouvelles priorités du constructeur, fortement influencé par les travaux de l’ingénieur Béla Barényi sur la sécurité passive : zones de déformation avant et arrière, habitacle rigide, montants de pare-brise 50% plus résistants que ceux de la Pagode, colonne de direction télescopique, tableau de bord absorbeur de chocs, ceintures à ancrages sièges.

Mercedes-Benz SL R107 conception

Mercedes-Benz SL R107 conception

Sous le capot, la rupture est tout aussi nette : exit le traditionnel six-cylindres en ligne de la Pagode, place au V8 M116 de 3,5 litres, déjà présent dans les berlines W108/109 depuis 1969, développant 200 ch DIN à 5 800 tr/min et un couple de 286 Nm pour un poids en légère hausse. Roadster biplace livrable de série avec une capote souple d’une maniabilité remarquable et accompagné d’un hard-top pagode, la 350 SL propose également pour la première fois une boîte manuelle quatre rapports entièrement synchronisée, la boîte automatique MB restant disponible en option. La voiture peut recevoir, en option d’usine, deux strapontins arrière homologués pour enfants jusqu’à 30 kg, une petite concession à la praticabilité quotidienne.

Mercedes-Benz SL R107 conception

Mercedes-Benz SL R107 conception

Si les premières critiques stigmatisent un style jugé plus épais et moins gracieux que celui de la Pagode, le marché, lui, ne se trompe pas. Le roadster de Stuttgart comble un vide concurrentiel flagrant : ni BMW, absent de ce segment pendant de longues années, ni Jaguar — dont la XJ-S ne sera décapotée qu’en 1988 — ne sont capables d’opposer un modèle vraiment comparable. Face à la Rolls-Royce Corniche, plus ostentatoire et nettement plus coûteuse, ou à la Porsche 911 plus clairement sportive, la SL occupe une position parfaitement singulière : GT de luxe abordable, fiable comme une montre suisse, à l’aise sur les routes de l’Estérel comme sur les autoroutes californiennes. Avec plus de 60% de la production totale absorbée par l’Amérique du Nord, elle devient rapidement l’icône roulante des « happy few » américains, puis, dans les années 1980, des « yuppies » européens. La carrière de la R107 s’étend finalement sur dix-huit années — de 1971 à 1989 —, au cours desquelles 237 287 unités sortent des chaînes de Sindelfingen, un record pour un roadster de luxe de cette gamme de prix.

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Porsche 911 type 996 – Guide Achat

Introduction — La révolution silencieuse de Zuffenhausen

Porsche 911 type 996

Porsche 911 type 996

Il y a des voitures qui font l’unanimité dès leur présentation au public. La Porsche 911 type 996 n’est pas de celles-là. Dévoilée à l’IAA de Francfort en septembre 1997, elle suscite autant de curiosité que de réticences au sein de la communauté des puristes. Et pourtant, cette cinquième génération de la 911 légendaire représente, avec le recul, l’une des évolutions les plus courageuses jamais entreprises par Porsche depuis la naissance du modèle en 1963.

Porsche 911 type 996

Porsche 911 type 996

La genèse de la 996 est intimement liée à une double contrainte : économique d’abord, réglementaire ensuite. À la fin des années 1980, Porsche traverse une crise profonde — les ventes s’effondrent, les marges se réduisent — et les nouvelles normes antipollution imposent de repenser intégralement la motorisation. August Achleitner, alors responsable de la planification technique des produits et des concepts véhicules, est chargé d’imaginer une architecture susceptible de sauver l’entreprise. La solution tient en deux idées audacieuses : passer au refroidissement par eau — une quasi-hérésie pour les fidèles du flat-six à air — et partager une base commune avec un nouveau roadster à moteur central, le futur Boxster (986). En 1989, un V8 compact est même monté en porte-à-faux arrière à titre d’essai, avant d’être définitivement écarté. C’est bien le flat-six à eau et quatre soupapes par cylindre qui finira par s’imposer comme la seule solution viable pour répondre aux exigences d’émissions et de puissance.

C’est le designer Harm Lagaaij, directeur du style de Porsche dans les années 1990, qui supervise l’habillage de cette nouvelle architecture. La tâche est colossale : concevoir simultanément le Boxster 986 et la 911 996 en partageant rigoureusement la même carrosserie de l’avant jusqu’au montant B, tout en préservant l’identité inimitable de la 911. Lagaaij s’inspire du concept Boxster présenté au Salon de Détroit en 1993 — plébiscité par le public et élu « Best of Show » — pour dessiner les lignes avant des deux voitures. Son équipe, qui atteint jusqu’à 80 personnes à son pic, travaille directement sur des maquettes à l’échelle 1:1 pour tenir des délais extrêmement serrés.

Porsche 911 type 996

Porsche 911 type 996

La 996 rompt délibérément avec la 993 qui la précède : la carrosserie est allongée de 18,5 cm et élargie de 3 cm, la garde au toit gagne en générosité, et le poids chute d’environ 50 kg grâce à l’acier haute résistance et de nouvelles méthodes d’assemblage. Le moteur boxer six cylindres à plat conserve sa disposition en porte-à-faux arrière mais abandonne le refroidissement par air au profit de l’eau, indispensable pour la culasse à quatre soupapes par cylindre imposée par les futures normes Euro 3. Cette technologie quatre soupapes, associée au système VarioCam de calage d’arbre à cames, permet au nouveau 3,4 litres de délivrer 300 ch dès le lancement. La 996 partage, de l’avant jusqu’aux montants B, sa carrosserie et ses équipements intérieurs avec le Boxster — une décision qui vaudra bien des critiques à Porsche, mais qui permettra à la marque de vendre plus de 30 000 exemplaires de 911 par an et de retrouver la rentabilité. Entre 1997 et 2005, Porsche construira au total 175 262 exemplaires de la 996, un record absolu pour la 911 à cette époque. Lire la suite

Mercedes-AMG GT3 et Black Series : la saga ultime prend une nouvelle dimension avec le Concept Track Sport

Mercedes-AMG GT3 et Black Series : deux légendes, une seule origine

Il y a des annonces qui font l’effet d’un coup de tonnerre dans le monde de l’automobile sportive. Celle que Mercedes-AMG a livrée le 24 mars 2026, depuis son fief d’Affalterbach, en est clairement une. La marque aux trois lettres a levé le voile sur l’une des énigmes les plus commentées de ces derniers mois : à quoi correspond réellement le Concept AMG GT Track Sport dévoilé l’an dernier ? La réponse dépasse toutes les attentes, car ce concept singulier sert de base technologique à non pas un, mais deux véhicules d’exception : le nouveau Mercedes-AMG GT3, prochaine arme absolue du sport-client, et le futur Mercedes-AMG GT Black Series, annoncé comme « le plus radical de tous les temps ». Lire la suite

Mercedes-Maybach Classe S 2026 : la saga d’une limousine de légende

Mercedes-Maybach Classe S : la saga d’une icône de l’ultra-luxe

Il y a des voitures qui transportent leurs passagers d’un point A à un point B. Et puis il y a la Mercedes-Maybach Classe S, une machine qui transcende l’idée même de déplacement pour en faire une expérience sensorielle totale, un cocon roulant où le temps s’écoule autrement. En 2026, alors que Mercedes-Benz célèbre 140 ans depuis l’invention de l’automobile et que Maybach fête 105 ans d’excellence au sommet du segment ultra-premium, la nouvelle Classe S reçoit la mise à jour la plus ambitieuse de toute son histoire. C’est l’occasion parfaite de revenir sur cette saga qui, génération après génération, a redéfini les codes du luxe automobile mondial. Lire la suite

Audi RS 3 competition limited : la compacte cinq cylindres ultime fête 50 ans de légende

 

Audi RS 3 competition limited : le chant du cinq cylindres n’a jamais sonné aussi juste

Chez Audi Sport, certaines mécaniques dépassent le simple statut d’organe technique. Elles deviennent un manifeste. Avec la nouvelle Audi RS 3 competition limited, la marque d’Ingolstadt ne se contente pas de proposer une énième déclinaison plus richement équipée de sa compacte survitaminée. Elle célèbre un demi-siècle d’histoire autour du moteur cinq cylindres, une architecture devenue indissociable de l’identité sportive d’Audi depuis son apparition en 1976 sur la deuxième génération d’Audi 100. Produite à seulement 750 exemplaires dans le monde, dont 13 pour la France, cette série spéciale entend condenser tout ce qui fait la singularité de la RS 3 : un moteur unique dans son segment, une sonorité reconnaissable entre mille, une transmission intégrale efficace et, surtout, un caractère plus affirmé encore grâce à un important travail sur le châssis, l’aérodynamique et la présentation.


Sur le fond, cette Audi RS 3 competition limited pousse assez loin le curseur de l’exclusivité. Sur la forme, elle raconte aussi quelque chose de plus important : à l’heure où l’automobile sportive évolue vite, parfois au détriment de la personnalité mécanique, Audi rappelle que la passion naît encore d’une architecture moteur atypique, d’un timbre rauque et d’un lien direct entre héritage et sensations. Cette nouvelle Audi RS 3 n’est donc pas seulement une compacte premium très performante ; elle se pose en objet de célébration, presque de collection, pensé pour les amateurs du genre.

Le style général de la RS 3 n’a rien perdu de sa tension visuelle, mais cette édition limitée affine son propos avec un supplément de radicalité bien dosé. La large calandre Singleframe, déjà dominante sur la version classique, est associée ici à un traitement encore plus incisif de la face avant. Audi ajoute de nouveaux déflecteurs en carbone mat de part et d’autre du bouclier, ainsi qu’une lame placée sous les prises d’air, avec l’objectif visuel de renforcer l’assise de l’auto et de donner l’impression qu’elle se compacte sur elle-même avant de bondir. L’effet recherché est clair : faire de cette RS 3 competition limited une machine immédiatement identifiable, même pour un œil habitué à la gamme RS.

Le carbone mat est d’ailleurs l’un des fils rouges esthétiques de cette série spéciale. On le retrouve sur les coques de rétroviseurs, les bas de caisse, l’aileron arrière, ainsi que sur l’insert positionné au-dessus du diffuseur élargi. Ce choix n’a rien d’anodin. Il permet à Audi Sport de renforcer la dimension technique de la voiture, tout en évitant le piège de la surcharge décorative. La RS 3 competition limited conserve ainsi une certaine sobriété allemande, mais teintée d’une agressivité plus lisible qu’à l’ordinaire. Le détail du gravage sur la vitre latérale arrière, qui fait apparaître le nom du modèle, vient enfoncer le clou en matière d’exclusivité.

Les jantes de 19 pouces à dix branches en croix, proposées dans une teinte Or néodyme mat, jouent un rôle central dans cette identité visuelle. Elles ne se contentent pas d’habiller les passages de roues ; elles installent aussi un contraste fort avec les trois teintes de carrosserie retenues. Audi annonce en effet le Gris Daytona, le Blanc Glacier mat et surtout un Vert Malachite inédit, présenté comme un hommage à l’Audi Sport quattro de la grande époque du rallye. Le clin d’œil historique est assumé, et il fonctionne d’autant mieux qu’il ne relève pas du simple artifice marketing : chez Audi, le cinq cylindres et l’imaginaire du rallye appartiennent à la même mythologie.

Cette recherche du détail distinctif se prolonge jusque dans l’éclairage. Les projecteurs Matrix LED assombris adoptent une signature spécifique au modèle et, lors du verrouillage ou du déverrouillage, leurs segments lumineux s’animent selon la séquence 1-2-4-5-3. Pour le profane, cela ressemble à un gadget sophistiqué ; pour l’amateur, c’est une référence directe à l’ordre d’allumage du moteur cinq cylindres. Audi montre ici qu’elle sait parler à son public avec des codes subtils, presque confidentiels, qui enrichissent le récit technique de la voiture au lieu de le parasiter.

Mais le cœur du sujet reste évidemment le moteur. Sous le capot, on retrouve le légendaire 2.5 TFSI, un cinq cylindres en ligne de 2 480 cm3 développant 294 kW, soit 400 ch, et 500 Nm de couple. Dans un univers automobile où le quatre cylindres suralimenté est devenu la norme, cette architecture continue d’offrir à la RS 3 un positionnement à part. Ce n’est pas seulement une question de chiffres, même si ceux-ci parlent d’eux-mêmes avec un 0 à 100 km/h annoncé en 3,8 secondes et une vitesse maximale portée à 290 km/h. C’est aussi une question de texture mécanique, de réponse, d’identité sonore et d’imaginaire.

Audi insiste naturellement sur la sonorité du cinq cylindres, et à juste titre. Le communiqué rappelle que le timbre si particulier de cette mécanique provient de l’ordre d’allumage 1-2-4-5-3, qui génère cette scansion irrégulière et ce grondement rauque immédiatement reconnaissable. Sur cette competition limited, le système d’échappement sport RS élargit encore la palette sonore, avec une gestion entièrement variable des volets. La marque précise également que l’isolation a été réduite au niveau de la cloison afin de laisser davantage de voix au moteur dans l’habitacle. Mieux encore, les clapets s’ouvrent plus tôt dans les modes dynamic, RS Performance et RS Torque Rear, ce qui renforce la présence acoustique du cinq cylindres dans les phases où l’on va chercher la voiture là où elle sait répondre.

Cet accent mis sur l’expérience sensorielle n’est pas un détail secondaire. Il dit beaucoup de l’orientation donnée à cette version spéciale. Audi n’a pas simplement voulu produire une RS 3 plus valorisante visuellement ; la marque a cherché à intensifier ce qui constitue la colonne vertébrale émotionnelle du modèle. Dans le monde des compactes sportives contemporaines, nombreuses sont celles qui vont très vite. Peu, en revanche, revendiquent une personnalité mécanique aussi forte. C’est précisément là que cette Audi RS 3 competition limited creuse l’écart dans l’esprit du passionné.

L’autre grand chantier concerne le comportement dynamique. Pour la première fois, l’Audi RS 3 reçoit ici une suspension à combinés filetés, développée spécifiquement pour cette édition limitée. Le message est fort. On quitte le seul registre de la série spéciale cosmétique pour entrer dans celui d’une auto pensée pour affiner réellement son rapport à la route. Cette suspension s’accompagne d’une nouvelle barre stabilisatrice arrière plus rigide et s’associe au torque splitter comme aux freins céramique livrés de série. Sur le papier, l’ensemble annonce une voiture plus précise, plus mobile et plus impliquante.

Audi détaille d’ailleurs avec une précision rare la conception de ces amortisseurs à double valve. À l’avant, ils utilisent de l’acier inoxydable et disposent de réservoirs externes afin de garantir une constance de fonctionnement sous forte sollicitation. À l’arrière, l’aluminium est mis à contribution, avec des valves de plus grand diamètre et des tiges de piston épaissies pour augmenter la rigidité de l’ensemble. Ce n’est pas le genre d’argument technique qu’une marque met en avant à la légère. S’il apparaît dans le dossier de presse, c’est bien parce que cette RS 3 competition limited cherche à légitimer sa différence par un vrai contenu d’ingénierie.

La richesse des réglages disponibles confirme cette ambition. La compression basse vitesse se règle sur 12 positions, la compression haute vitesse sur 15 positions et la détente sur 16 positions. Autrement dit, le conducteur peut réellement adapter la voiture à son usage, à son style de conduite et à l’état de la route. Audi fournit même un manuel de réglage ainsi que les outils nécessaires. Nous sommes loin du simple mode de conduite sélectionné via un écran ; ici, la voiture assume une dimension plus experte, presque plus mécanique dans le rapport qu’elle propose à son propriétaire. C’est un signal intéressant adressé aux amateurs de mise au point fine.

Le fonctionnement théorique de ces réglages, tel que le décrit Audi, montre bien la philosophie recherchée. La compression basse vitesse agit sur la réaction de la suspension en appui et sur l’adhérence latérale, favorisant une inscription en courbe plus vive lorsque le réglage se durcit. La compression haute vitesse influence la manière dont la carrosserie encaisse les bosses ou les changements rapides d’appui, avec un compromis possible entre précision et confort. Quant à la détente, elle module la vitesse à laquelle la suspension se relâche, ce qui joue directement sur le ressenti de précision et sur la rigueur des enchaînements. Pour une compacte de série, le niveau de sophistication est remarquable.

La barre stabilisatrice arrière participe elle aussi à cette évolution du tempérament. Audi annonce une rigidité de 85 N/mm, supérieure à celle du modèle standard, avec des ressorts arrière portés à 80 N/mm pour rester cohérents avec le nouvel ensemble. L’objectif affiché est de combiner stabilité directionnelle, sécurité et agilité, notamment à la remise des gaz en sortie de virage rapide. Dit autrement, Audi veut rendre sa RS 3 plus consistante et plus expressive sans compromettre son efficacité naturelle. Une promesse cohérente avec la présence du torque splitter, chargé de répartir le couple de manière entièrement variable sur le train arrière.

Ce dispositif de répartition du couple reste l’un des éléments clés de l’agrément moderne de la RS 3. Le communiqué rappelle qu’en entrée de virage, le couple est envoyé vers la roue extérieure tandis que la roue intérieure est légèrement freinée afin de positionner idéalement la voiture pour la sortie. Cela permet de limiter le sous-virage classique des compactes puissantes à transmission intégrale et de donner à l’auto une capacité de rotation plus naturelle. Sur cette competition limited, l’ensemble châssis plus pointu, l’aérodynamique retravaillée et la dotation de série en freins céramique devraient logiquement pousser encore plus loin cette sensation de précision contrôlée.

Justement, la question du freinage n’est pas traitée comme un simple accessoire de prestige. Les freins céramique, avec étriers rouges, sont montés d’office et mis en avant pour leur légèreté ainsi que leur endurance face au fading thermique. Là encore, Audi envoie un message limpide : cette RS 3 n’est pas seulement conçue pour briller dans une fiche commerciale ou sur une relance d’autoroute, elle revendique une aptitude à encaisser un rythme soutenu dans la durée. Pour une série spéciale qui se veut l’expression la plus aboutie du modèle, cette cohérence d’ensemble est essentielle.

L’aérodynamique n’a pas été oubliée. Audi indique que le becquet de toit spécifique de la RS 3 Sportback competition limited, combiné aux nouveaux éléments avant développés en soufflerie, permet de réduire la portance sur les deux essieux. Ce travail ne transforme évidemment pas la compacte allemande en voiture de course homologuée pour la route, mais il participe à cette quête de stabilité à haute vitesse et de rigueur générale qui caractérise le projet. En matière de sportives modernes, les gains de détail finissent souvent par produire de vraies différences dans la perception d’ensemble.

L’habitacle suit la même logique de distinction méthodique. L’ambiance associe le noir, l’Or néodyme et le Blanc Gingembre, une combinaison peu commune qui permet à cette édition de se démarquer immédiatement des RS 3 plus classiques. Le nom complet “RS 3 competition limited” apparaît à l’ouverture des portes via la projection lumineuse, sur les tapis de sol, sous les appuie-têtes et sur le tapis de coffre. La console centrale reçoit en outre un numéro de série gravé devant le sélecteur de vitesses, rappel direct de la production limitée à 750 exemplaires.

Les sièges baquets RS participent fortement à la personnalité de l’ensemble. Très profilés, ils reçoivent un habillage mêlant cuir noir sur les bourrelets latéraux et microfibre Dinamica Or néodyme sur les parties centrales. Les contre-portes et l’accoudoir central reprennent cette teinte, tandis que des surpiqûres Blanc Gingembre soulignent le dessin en losange. À l’arrière, les passagers ne sont pas oubliés puisque les parties centrales des sièges et les accoudoirs adoptent le même traitement. Audi veille ainsi à ce que l’exclusivité ne se limite pas à la seule zone de conduite.

Le poste de conduite concentre naturellement les attentions. L’écran tactile central de 10,1 pouces affiche des paramètres spécifiques à l’univers RS, parmi lesquels les températures du liquide de refroidissement, du torque splitter, des freins, de l’huile moteur et de l’huile de boîte, ainsi que la pression et la température des pneus. Le volant à double méplat, habillé de Dinamica noir, reçoit un repère Blanc Gingembre au point milieu afin de faciliter la lecture de l’angle et de renforcer la sensation de pilotage. L’ensemble traduit une volonté nette d’immerger le conducteur dans une ambiance technique sans rompre avec la présentation premium habituelle d’Audi.

Le Virtual Cockpit Plus apporte une dimension historique particulièrement bien vue. Audi rappelle que la RS 2 Avant de 1994, première Audi RS animée par un cinq cylindres, disposait de cadrans blancs. En hommage, les instruments numériques de cette RS 3 competition limited adoptent eux aussi un fond blanc. Ils peuvent en outre afficher la puissance et le couple instantanés, les forces G, un chronomètre de tours et des informations liées à l’accélération. En mode launch control, des feux de départ apparaissent afin d’indiquer le moment optimal du départ arrêté. C’est à la fois un clin d’œil patrimonial et un outil de mise en scène technologique.

La portée symbolique de cette voiture mérite enfin d’être soulignée. Audi ne présente pas la RS 3 competition limited comme une simple variante plus chère de son modèle compact. Elle l’inscrit clairement dans la célébration des 50 ans du cinq cylindres. Le communiqué fait le lien avec l’Audi 100 de 1976, avec l’Audi Sport quattro de 1983 et avec la RS 2 Avant de 1994. Cette mise en perspective construit un récit cohérent : le cinq cylindres n’est pas un reliquat exotique au sein de la gamme, mais un marqueur identitaire qui a traversé les époques en changeant de rôle, sans jamais perdre sa singularité.

Dans ce contexte, la tarification élevée apparaît moins comme une surprise que comme la conséquence logique du positionnement. En France, l’Audi RS 3 Sportback competition limited débute à 112 970 euros et n’est proposée qu’en carrosserie Sportback. Les 13 exemplaires réservés au marché français sont déjà tous vendus, ce qui dit assez bien le degré d’attractivité du modèle auprès d’une clientèle sensible au mélange de rareté, d’héritage et de performances. Les livraisons européennes doivent débuter à la mi-2026.

Au fond, cette Audi RS 3 competition limited réussit ce que beaucoup de séries spéciales prétendent faire sans toujours y parvenir : donner le sentiment d’une vraie évolution de caractère. Son contenu ne se limite pas à quelques badges, à un jeu de teintes inédites ou à une sellerie exclusive. Le moteur reste la pièce maîtresse, bien sûr, mais le châssis revu, les combinés filetés réglables, la barre arrière plus rigide, les freins céramique de série, le travail aérodynamique et la mise en scène historique composent un ensemble crédible et désirant. Pour qui aime les compactes sportives à forte personnalité mécanique, cette RS 3 sonne comme un rappel salutaire : il existe encore des voitures capables d’émouvoir autant par leur fiche technique que par ce qu’elles racontent.

Fiche technique de synthèse

Modèle Audi RS 3 Sportback competition limited
Type Compacte sportive premium à transmission intégrale
Série Édition limitée célébrant les 50 ans du moteur cinq cylindres
Production 750 exemplaires dans le monde
Quota France 13 exemplaires
Carrosserie Sportback uniquement
Moteur 5 cylindres en ligne turbo, 2.5 TFSI
Cylindrée 2 480 cm3
Puissance 294 kW / 400 ch
Couple 500 Nm
0 à 100 km/h 3,8 s
Vitesse maximale 290 km/h
Transmission Transmission intégrale avec torque splitter
Châssis Suspension à combinés filetés spécifique
Réglages amortissement Compression basse vitesse 12 positions, compression haute vitesse 15 positions, détente 16 positions
Barre stabilisatrice arrière Nouvelle barre plus rigide, 85 N/mm
Ressorts arrière 80 N/mm
Freinage Freins céramique de série avec étriers rouges
Échappement Système d’échappement sport RS à volets variables
Roues Jantes 19 pouces à dix branches en croix, Or néodyme mat
Éléments distinctifs extérieurs Carbone mat, déflecteurs avant, lame avant, coques de rétroviseurs, bas de caisse, aileron arrière, insert au-dessus du diffuseur
Couleurs disponibles Gris Daytona, Blanc Glacier mat, Vert Malachite
Projecteurs Matrix LED assombris avec animation 1-2-4-5-3
Intérieur Noir, Or néodyme, Blanc Gingembre
Sièges Sièges baquets RS avec cuir noir et microfibre Dinamica Or néodyme
Instrumentation Virtual Cockpit Plus à fond blanc, hommage à la RS 2 Avant
Équipements spécifiques Numérotation exclusive, projection lumineuse RS 3 competition limited, affichages RS dédiés
Prix France 112 970 euros
Disponibilité France Exemplaires déjà tous vendus
Début des livraisons européennes Mi-2026

[1]



Audi RS3 Compétition MY26
« de 3 »

Audi
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Le centre de contrôle de la performance : l’intérieur du nouveau coupé Mercedes-AMG GT 4 portes

Mercedes‑AMG dévoile l’intérieur de la prochaine Mercedes‑AMG GT coupé 4 portes, soulignant ainsi son ambition de rendre la performance non seulement mesurable, mais véritablement expérimentable. Avant même que la voiture de sport ne démarre, l’intérieur communique son rôle principal : une expérience de conduite typique d’AMG, transmettant le plaisir de conduite. L’intérieur a été développé en interne à Affalterbach, avec pour objectif de créer l’interaction la plus directe possible entre l’homme et la machine.

« Dans le nouveau Mercedes-AMG GT Coupé 4 portes, nous avons axé chaque détail intérieur sur la performance et l’avons mis en œuvre avec la plus grande précision. Même à l’arrêt, l’intérieur montre déjà ce dont la future GT 4 portes est capable, rendant immédiatement visible la dynamique de conduite du véhicule. Il offre un contrôle maximal et permet une expérience de conduite AMG typique qui fait battre le cœur plus fort – on a immédiatement envie de monter à bord et de prendre la route. » Lire la suite

La future AMG, sans compromis, commence ses essais par temps froid en Suède

Malgré son camouflage complet et la luminosité hivernale sombre, une chose est claire dès le premier coup d’œil : il s’agit d’un véhicule Mercedes-AMG particulièrement extrême qui file à toute allure dans la neige. Le nouveau modèle, encore inédit, de la marque de voitures de sport et de performance effectue actuellement des essais intensifs près du cercle polaire arctique et se présente avec un design impressionnant et sans compromis.

Les étendues glacées de Suède offrent le cadre idéal pour les tests de résistance au froid exigeants, au cours desquels le véhicule est soumis à des conditions extrêmes. Cette phase est décisive pour garantir les performances et la fiabilité de tous les composants, même à des températures très basses. Lire la suite

Mercedes Classe S (W223) facelift 2026 : MB.OS, DIGITAL LIGHT et luxe « sur-mesure » à tous les étages

La Mercedes-Benz Classe S (W223) facelift 2026 ne se contente pas d’un « restylage » : la marque parle de la mise à jour la plus complète au sein d’une même génération, avec plus de 50% de la voiture (environ 2 700 composants) revus, re-développés ou raffinés. Et si la Classe S reste une vitrine de statut, son évolution 2026 met surtout l’accent sur trois piliers très concrets : une signature lumineuse spectaculaire, un saut logiciel avec MB.OS, et une montée en gamme du confort « multi-sièges », y compris en usage business à l’arrière.

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