Maserati Ghibli II 2L0

Maserati Ghibli II 2L0 (1992)

Maserati Ghibli II 2L0
1992 – 6 cyl. en V 24V Biturbo
306 ch – 265 km/h
1 365 kg

Après la tonitruante mais élitiste Shamal, Maserati poursuit le développement de sa gamme Biturbo en dévoilant au salon de Turin 1992 sa nouvelle Maserati Ghibli II. Reprenant l’illustre patronyme de la GT des années 60-70, c’est néanmoins sur la base des carrosseries des Biturbo qu’est basée la nouvelle Ghibli. C’est comme de coutume dans la firme au Trident que tout est pioché dans la gamme Biturbo, ainsi que les artifices de style. Si la nouvelle Maserati Ghibli II s’inspire très nettement de la Maserati Shamal, sa base est totalement différente. Elle est en effet basée non pas sur la plateforme raccourcie des Karif/Spyder/Shamal, mais sur celle des Biturbo coupés dont l’empattement est plus long au bénéfice de l’habitabilité. Tous les tics stylistiques sont repris à la Shamal dont Marcello Gandini est le maître d’œuvre. Deux objectifs dans ce relooking spécial : agressivité et aérodynamisme. Pour la première partie, le postulat de départ est parfaitement rempli, en témoigne les ailes élargies et musclées, la calandre frappée d’un gros trident ou encore les optiques de phares lenticulaires de la Shamal logés derrière une vitre. Côté aéro, la Maserati Ghibli II fait des progrès remarquables. Les gros boucliers sont plus enveloppants, et la malle arrière surélevée autorise plus d’appui à haute vitesse. Dans les détails relevons que les rétroviseurs sont profilés, et qu’un aileron à la base du parebrise se charge de canaliser l’air. Alors certes le profil est daté avec ses traits à la règle et ses angles droits, mais il faut confesser que la Maserati Ghibli, partie du dessin originel d’Andreani, puis revu par épisode par Marcello Gandini, offre un sacré charisme et se démarque très nettement de ses rivales désignées, la BMW M3 E36 en tête…

Après la très exclusive Shamal, la Maserati Ghibli II reprend un patronyme d’un passé prestigieux pour replacer la saga Biturbo sur orbite. Du caractère à revendre, un charisme omniprésent et un charme suranné caractérisent la Ghibli II…

Maserati Ghibli II 2L0 (1992)

Le V6 Biturbo 2 litres est ici dans sa version la plus poussée car reprise de la Maserati Barchetta (de course) ! Résultat, un rapport supérieur à 150 ch/l pour une puissance totale de 306 ch à 6 250 tr/mn. Pointu et violent ce V6 Biturbo…

Le V6 Biturbo Maserati est devenu une institution mécanique au fil des millésimes. Né au début des années 80, il n’aura de cesse de s’améliorer et surtout devenir plus fiable. Pour rester compétitif sur un marché italien très exigeant en fiscalité sur les gros moteurs, Maserati a conservé le choix d’une cylindrée de deux litres pour éviter le matraquage fiscal. Le V6 Biturbo 2,8 litres étant réservé à l’exportation. Pour la Maserati Ghibli II, la firme de Modène a mis les petits plats dans les grands puisque c’est le bloc de la Barchetta de course qui sert de (bouillant) propulseur. De ses sœurs de sang très sportives (Maserati 224.4v), ce deux litres de cylindrée (1 996 cm3 plus exactement), conserve des cotes super carrées (alésage de 82 mm x course de 63 mm), un bloc et des culasses tout alu, 4 soupapes par cylindres (soit 24 au total) et ses double arbres à cames en tête par rangée de cylindres. Dans les nouveautés, le V6 a reçu un traitement apte à supporter les nouvelles contraintes mécaniques. A commencer par tout l’équipage mobile qui est renforcé avec un nouveau vilebrequin, des pistons forgés, ou encore des arbres à cames et des chambres de combustion spécifiques. La gestion intégrale Weber Marelli est également inédite et spécifique à la Maserati Ghibli II. La double suralimentation qui donna son nom à la saga Biturbo est toujours aux bons offices de deux Turbocompresseurs IHI mais ils sont dans la Ghibli II de type RHB 5.2. Par rapport à la Barchetta, Maserati a dû composer avec la pose d’un catalyseur. Dire que le V6 Biturbo italien est de la dynamite est un euphémisme puisqu’il s’impose sur le marché comme le moteur le plus poussé du moment avec ses 153,31 ch/litre ! Ne cherchez pas de série, il n’y a plus sportif. La puissance s’établit à 306 ch à 6 250 tr/mn. Alors évidemment, avec une mécanique aussi poussée et qu’il faut cravacher dans les tours, le couple est certes déjà intéressant, mais relativement haut perché et modeste eut égard aux performances générales (373 Nm à 4 250 tr/mn). La sonorité mécanique n’est pas en reste et éveille l’attention de l’amateur de voitures de sport. Avec sa boîte de vitesses mécanique à 6 rapports signée Getrag (la même que dans la Shamal), la Maserati Ghibli II 2L0 s’écrase sur son train arrière à chaque accélération et bondit sans retenue. La poussée est très vigoureuse, mais nécessite d’être entretenue dans le compte-tours avec une poigne de fer égrenant les rapports. Rapidement on comprend l’utilité des 6 rapports pour tirer la quintessence de la disponibilité mécanique du V6 Biturbo. D’ailleurs, en sous-régime sur le 6e rapport, le V6 deux litres perd de sa superbe si on écrase l’accélérateur. Pas de doute, il ne demande qu’à respirer pour donner le meilleur de lui-même. Le chronomètre est sans appel avec des valeurs très élevées même pour sa catégorie : 0 à 100 km/h en 5’’9; 265 km/h, km DA en 25“8. Histoire d’améliorer la motricité, un différentiel Ranger taré à 100% est de série. Ce n’est pas une nouveauté puisqu’il était déjà monté sur les Maserati 430 Biturbo berlines notamment. Toujours classique coque autoporteuse, la Maserati Ghibli II 2L0 est équipée d’un McPherson avant avec barre antiroulis. Un dispositif qui donne toujours pleinement satisfaction quant à sa rigueur et sa précision, tandis que la direction à crémaillère avec assistance hydraulique est précise et agréable. L’essieu arrière est constitué de bras trapézoïdaux. Large d’épaules, la Maserati Ghibli II a des voies élargies comparées aux Maserati 224.4v et Racing pour une meilleure assise, posée sur des jantes de 16 pouces chaussées d’excellents Michelin MXX en 205/45 et 225/45 ZR16. Dans les nouveautés qui apportent un réel plus en efficacité, on note des ancrages de trains roulants plus rigides pour une efficacité de comportement accrue et surtout des réactions nettement plus saines du train arrière, rétif jusqu’ici dans la saga Biturbo (Shamal exceptée). Autre atout maître du comportement de la Maserati Ghibli II 2L0 sous la forme d’une suspension à amortissement piloté Koni (avec 4 modes différents) qui réagit en fonction des capteurs dans chaque essieu. Une solution qui apporte un réel plus en matière de confort de roulage, même si en utilisation sur circuit on déplore une réactivité un poil lente. En revanche sur route ouverte, la Maserati Ghibli II est désormais toujours virile et sportive, mais nettement plus domestiquée et efficace. L’habitacle ne va pas perturber l’habitué des Maserati Biturbo. On retrouve sans étonnement la planche de bord maison avec son cuir omni présent et ses placages bois. Dans les

Maserati Ghibli II 2L0 (1992)

Reprenant les principes de la Shamal, la Maserati Ghibli II 2L0 s’est sacrément assagie dans son comportement ; plus rigoureuse, plus efficace, elle demeure néanmoins toujours très sportive et délicate aux limites…

nouveautés, soulignons les nouveaux boutons de commandes, la généralisation de la climatisation électronique ou encore les aérateurs plus intégrés. La montre pendulaire au centre de la console est toujours là… L’habitabilité n’est pas exceptionnelle (notamment aux places arrière), et la position de conduite toujours critiquable avec un volant très horizontal et des dossiers de sièges mal étudiés. L’équipement de série et pléthorique tandis que le coffre de 420 dm3 autorise des déplacements lointains à deux…

Notre avis
emoticonMaserati frappe fort et nous démontre une nouvelle fois que l’histoire ne s’arrête pas là ! La Maserati Ghibli II profite certes d’un patronyme lourd à porter et ne s’inscrit pas du tout dans la catégorie et le style de la première Ghibli. Néanmoins, avec du vieux Maserati et Gandini relancent à point nommé la GT made in Modena avec une belle maestria et un sacré caractère. La Maserati Ghibli II démontre que la Biturbo méritait bien mieux que ses errements de jeunesse. Mieux éduquée, moins rétive, elle conserve intacte son charisme mécanique et ses performances de très haut niveau. Polyvalente, la Maserati Ghibli II sait se montrer supersportive et venir bousculer les BMW M3 et Porsche 911 sans se départir d’un certain charme désuet…

Autres versions :

Les Rivales :

  • Alpine A610 Après des années d’hésitations, Renault se décide en 1989 à redonner une chance à Alpine. La dernière ? Mille Miles et Le Mans finissent la génération des Alpine V6 Turbo (GTA), avant qu’en 1991 la nouvelle Alpine A610 ne soit lancée. Renault avait de grandes ambitions mais pas mis tous les moyens de son côté. A commencer par un style finalement très (trop ?) proche de sa devancière, l’A610 est pourtant pétrie de qualité avec un V6 revisité qui délivre ...
  • Chevrolet Corvette C4 LT-1 Depuis 1984, Chevrolet a revisité avec un beau succès et un certain talent sa saga Corvette. La Chevrolet Corvette C4 profite avant tout d’une plastique terriblement séduisante, tout en conservant intact son ADN : carrosserie « plastique », gros V8 coupleux et des trains de roulements sportifs. Mais si le succès est bien là, Chevrolet n’a de cesse de monter en puissance son égérie. D’ailleurs, la Corvette C4 ZR-1 a démontré le bien-fondé de cette stratégie. Mais elle reste réservée ...
  • Ferrari 348 tb Après 15 ans de loyaux services, la saga des Ferrari 308-328 tire sa révérence au salon de Francfort 1989 avec la présentation de la nouvelle Ferrari 348. Destin funeste, puisqu’elle peut se targuer d’être la première Ferrari de route depuis la mort d’Enzo Ferrari. Qu’importe, Pininfarina a su composer une ligne ramassée et élégante, reprenant quelques tics stylistiques de la Testarossa (feux arrière rectangulaire sous grille, prises d’air latérales striées…), tandis que sous le capot arrière un V8 hérité de ...
  • Honda NSX Honda monte en puissance dans le sport auto. Avec son engagement qui devient progressivement victorieux en F1, Honda initie dès 1984 le projet NSX. Venir défier Porsche et Ferrari sur leurs terrains, celui des GT de luxe et de sport ! En 1989, La Honda NSX est dévoilée et le résultat est à la hauteur du talent des ingénieurs nippons. Un V6 à distribution variable VTEC autorise 274 ch à 7 300 tr/mn le tout dans un écrin de perfection, ...
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Avant d’acheter
Produite de 1992 à 1997 à 2 303 exemplaires, la Maserati Ghibli II a connu différentes versions et surtout deux générations : la Ghibli II Phase 1 (1992-94) en 2 litres et 2,8 litres et la Ghibli II Phase 2 (1994-97) largement améliorée avec la reprise de la firme au trident par Ferrari. Il convient donc de choisir parmi les deux générations et les deux générations : à vous de choisir. En prime, vous pouvez opter pour les séries spéciales Cup et Primatist dont la diffusion n’a pas dépassé les dizaines d’exemplaires. A réserver aux amateurs avertis. L’entretien doit avoir été suivi et réalisé selon les règles de l’art par des professionnels avertis : vidange tous les 10 000 km, vidange boîte et différentiel tous les 40 000 km et la distribution tous les 60 000 km ou tous les 5 ans. Ce dernier point est vital et lors du remplacement des courroies, la pompe à eau doit être également inspectée, et remplacée le cas échéant si elle montre des signes de grippages, car elle aura alors un impact négatif sur la distribution. Tout risque de corrosion doit être inspecté tandis que l’ensemble des équipements spécifiques doivent être présents impérativement car difficiles à trouver et onéreux. L’électricité peut s’avérer fantaisiste, mais force est de constater qu’au fil des millésimes, la saga Biturbo s’est nettement améliorée en fiabilité (injection, turbo…) et que la Maserati Ghibli II profite de ces améliorations pour une meilleure fiabilité. Choisir une Maserati Ghibli II, c’est avant tout un choix de connaisseur qui est prêt à assumer des couts d’entretien élevés, du niveau d’autres GT italiennes prestigieuses, et est un véritable amateur connaisseur du modèle.
Entretien : tous les 10 000 km ou tous les ans.

Mots clés : Maserati | Ghibli | II | Biturbo | V6 | GT | Coupé | Grand Tourisme | Modène | Italie | MASERATI | GHIBLI II | COUPE | GRAND TOURISME

TOP V6 Bouillant ! ǀ Sacrée Saga ! ǀ Performances ǀ Comportement routier amélioré ǀ Véritable « BMW M3 » à l’italienne ǀ Motricité améliorée ǀ Présentation intérieure ǀ Commande de boîte ǀ Freinage ǀ Confort préservé ǀ Equipement de série FLOP Tarif ǀ Souplesse à bas régime (reprises) ǀ Détails de finition ǀ Réputation sulfureuse des Biturbo ǀ Consommation ǀ Position de conduite ǀ Aérodynamique dépassée ? ǀ Poids ǀ Réseau éparse ǀ Style désuet ǀ Pas d’ABS

Fiche Technique

Marque :
Gamme :
Année :
PA – Prix neuf :
Moteur :
Puissance :
Couple :
Suralimentation:
Transmission :
Poids (RPP) :
Freins :
Roues :
Performances :
Maserati
Ghibli II
1992
11 CV – 395 000 FF
6 cylindres en V 24 soupapes (2×2 ACT) – 1 996 cm3
306 ch à 6 250 tr/mn (153,31 ch/litre)
373 Nm à 4 250 tr/mn (186,87 Nm/litre)
2 Turbocompresseurs IHI (Ø ND bar) + échangeur air/air
propulsion + BV6 manuelle Getrag + autobloquant Ranger AR
1 365 kilos (4,46 kg/ch)
2 disques ventilés AV et 2 disques ventilés AR
jantes alu 16″ + pneus en 205/45 ZR16 AV et 225/45 ZR16 AR
0 à 100 km/h en 5’’9; 265 km/h, km DA en 25“8

Textes : Morgan Goupil (Alis Webzine) – Photos : D.R

Maserati Ghibli II 2L0
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