Maserati Karif Biturbo

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Maserati Karif Biturbo
1988 – 6 cyl. en V 18V Biturbo
250 ch – 255 km/h
1 281 kg

Alejandro de Tomaso, propriétaire de Maserati depuis 1979 n’est pas avare de bonnes idées pour faire parler de ses modèles. Depuis 1981, les Maserati Biturbo n’en finissent pas de se bonifier, et de se décliner : coupé, berline, cabriolet… Pour noël 1988, une tradition désormais à Modène, Alejandro de Tomaso dépose une nouvelle variante au pied du sapin… enfin du trident ! La Maserati Karif est donc basée sur l’empattement court des Spyder (soit 2,4 mètres) auquel on a mis un toit en dur style coupé de ville comme certains modèles américains contemporains style Buick Regal. Cela confère ainsi à la Maserati Karif une silhouette étonnante et peu commune confirmant ainsi une automobile d’esthète et exclusive. On aime ou on déteste c’est au choix, d’aucun peuvent lui préférer finalement la ligne originelle tracée par Pierangelo Andreani. Comme ses sœurs de catalogue (222, 422, 430) elle hérite des retouches dans les détails réalisées par le crayon de Marcello Gandini en 1987. Léger, certes, mais suffisant pour donner une touche de modernité avec des angles qui s’adoucissent notamment sur la proue avec une calandre revue et des arêtes de capot plus intégrées et intégrantes. Les jantes OZ Mille Miglia sont à voile plein à 5 goujons en 15 pouces de diamètre. Avec le restyling, la Karif profite des nouveaux rétroviseurs extérieurs profilés et plus esthétiques. Les boucliers sont en gris anthracite tranchant ainsi avec certains coloris de la carrosserie retenus par le client à l’instar de la Maserati 2.24v Biturbo. Les deux doubles sorties d’échappement indique à l’amateur averti que c’est bien le V6 2,8 litres qui est sous le capot, les Spyder et 222 n’ayant qu’une double sortie d’échappement avec leur V6 2 litres. Pour le reste, la présentation extérieure est identique au reste de la gamme Biturbo… pardon 222 !

La Maserati Karif c’est avant tout un profil inédit sur une base largement usitée, et sous le capot un V6 biturbo généreux et volcanique. Tenue de route délicate mais une conduite passionnante pour amateur averti…

Sous le capot bardé de ses deux prises d’air NACA, on retrouve le V6 2,8 litres AM 473 inauguré par la Maserati 228. De 1 996 cm3 la cylindrée est portée à 2 790 cm3 (alésage 94 mm x course 67 mm). Ce V6 profite des travaux de fiabilisation engagé par Maserati avec des turbocompresseurs IHI RHB52 et refroidis par eau. Autre avancée notable, l’injection électronique multipoint Weber Marelli qui améliore le fonctionnement et la consommation du V6 Maserati. Terminé les démarrages à chaud délicat et les soubresauts dans les embouteillages. Bloc et culasses sont en alliage léger avec des chemises humides rapportées. Deux arbres à cames en tête coiffent cet ensemble et animent les 18 soupapes (3 par cylindres, deux pour l’admission et une pour l’échappement). Annoncé initialement à 285 ch sur la Karif avec des arbres à cames plus pointus et une cartographie évoluée, c’est finalement sur 250 ch à 5 600 tr/mn (89,61 ch/litre) et un couple de 383 Nm à 3 600 tr/mn que l’on peut raisonnablement compter, Maserati montant en usine finalement le même moteur dans les 222 E, 228i et 430. La boîte de vitesses ZF est à 5 rapports et transfert le couple du V6 biturbo jusqu’au différentiel à glissement limité Ranger (un dispositif Torsen modifié par Maserati). Les accélérations sont dantesques, surtout eu égard à l’allure assez classique de la Maserati Karif (comptez autour de 6 secondes quoique Maserati ait annoncé 4’’8). La vitesse maximale est suffisante avec ses 255 km/h pourtant pénalisée par une aérodynamique d’armoire normande. Classique coque autoporteuse, la Maserati karif profite également des renforts de caisse du Syder dont elle dérive. Une aubaine pour la rigidité de caisse, mais pas pour le poids qui affiche 1 281 kg. Un système McPherson compose le train avant en adoptant un système inédit baptisé « mécanique active ». Il s’agit de leviers et renvois qui permet un meilleur positionnement du point à terre au centre de l’essieu et donne également des avantages dans la tenue à plat des roues avant dans la plupart des circonstances. La direction à crémaillère assistée hydrauliquement gagne en précision, mais pas en démultiplication et rayon de braquage. Le train arrière pêche toujours par sa trop grande élasticité qui est mise à mal par les coups de butoir du V6 biturbo. Maserati est restée fidèle à des bras indépendants fixés à une traverse ancrée à la coque par des éléments par des éléments flexibles. Entre le train arrière « souple », une direction (trop) démultipliée, un train avant efficace et rivé au sol et une répartition des masses qui semble le miroir d’une Porsche 911 (de l’ordre de 60% sur l’avant et 40% sur l’arrière). Alors évidemment, la motricité est vite précaire, à fortiori sur un revêtement mouillé ou bosselé. Pourtant, l’équipement pneumatique d’origine est excellent avec du Pirelli P700 et une monte plus large à l’arrière (255/50 VR15) qu’à l’avant (205/50 VR15). Les jantes alu à voile plein masquent un système de freinage de facture classique : disques (ventilés avant) avec étriers flottants. Un équipement qui suffit largement dans tous les usages, excepté en usage très intensif où la Maserati Karif connaîtra une endurance relative de ses freins, d’autant plus que l’ABS n’est tout simplement pas disponible. Une carence étonnante sur une voiture de ce standing. L’habitacle se dit 2+2 mais est réservé en réalité à deux occupants, la banquette arrière étant quasi inutilisable et plus réservée à votre animal de compagnie ou à un supplément de bagages. La présentation est connue pour le client Maserati Biturbo avec une planche au dessin classique mais réussi. Toutes les habitudes sont bien en place : volant bois quatre branches, sellerie cuir et daim, boiseries, et la montre analogique Maserati qui reprend la forme du logo maison. L’équipement de série est somptueux avec tout ce que l’on est en droit d’exiger d’un coupé prestigieux (climatisation automatique, vitres électriques et fermeture centralisée, réglage de hauteur des phares, éclairage de porte ouverte,…). A noter que la position de conduite n’est pas optimale, malgré les beaux sièges aux nombreux réglages électriques et manuels, ainsi que la colonne de direction réglable. Enfin, le coffre avec environ 400 dm3 permet d’envisager des voyages au long court à deux avec aisance dans les bagages…

Notre avis
emoticonAlejandro de Tomaso aime décliner son égérie à l’envie. Mais si les autres Biturbo sont nommées par des chiffres, une petite entorse au protocole en souvenir du passé prestigieux sous l’ère Giulio Alfieri, la Karif reprend un nom de vent du sude-ouest qui souffle dans le Golf d’Aden et provoque des tempêtes de sable en Somalie et au Yemen. Le peu que l’on puisse dire, c’est qu’en effet, à chaque bourrasque violente des turbos en conduite dynamique, c’est tempête sous un crâne et un sérieux coup de volant nécessaire pour en tirer la quintessence. En conduite rapide (sur le sec), c’est sport et confort pour tous, mais dès que le sol devient glissant la circonspection est de mise et tout excès d’optimisme à bannir. Reste que la Maserati Karif interprète une nouvelle partition de la saga Biturbo avec beaucoup de charme et de talent, qui ravira les amateurs avertis et éclairés des productions de Modène. Pour les autres, les coupé 222 et 222 E seront plus logiquement leurs préférées car plus pratiques à l’usage et plus anonymes aussi.

Autres versions :

Les Rivales :

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Avant d’acheter
Produite au compte-goutte de 1988 à 1993, seules 222 Maserati Karif sont sorties des chaînes de production (dont 32 en conduite à anglaise). Et dans le lot, il convient de trier entre les modèles dont le V6 biturbo développe finalement plutôt 250 ch, et celles catalysées dont la puissance chute à 225 ch. Bon dans tous les cas, les accélérations restent explosives, et le V6 2,8 litres biturbo est plus costaud que les trains roulants chargés de passer la puissance au sol. Acheter une Karif nécessite en premier lieu une certaine patience pour qu’un propriétaire se décide à s’en séparer. L’entretien doit avoir été suivi et réalisé selon les règles de l’art par des professionnels avertis : vidange tous les 10 000 km, vidange boîte et différentiel tous les 40 000 km et la distribution tous les 60 000 km ou tous les 5 ans. Ce dernier point est vital et lors du remplacement des courroies, la pompe à eau doit être également inspectée, et remplacée le cas échéant si elle montre des signes de grippages, car elle aura alors un impact négatif sur la distribution. Tout risque de corrosion doit être inspecté tandis que l’ensemble des équipements spécifiques doivent être présents impérativement car difficiles à trouver et onéreux. L’électricité peut s’avérer fantaisiste, mais force est de constater qu’au fil des millésimes, la saga Biturbo s’est nettement améliorée en fiabilité (injection, turbo…) et que la Maserati Karif profite de ces améliorations pour une meilleure fiabilité. Choisir une Maserati Karif, c’est avant tout un choix de connaisseur qui est prêt à assumer des couts d’entretien élevés, du niveau d’autres GT italiennes prestigieuses, et est un véritable amateur connaisseur du modèle.
Entretien : tous les 10 000 km ou tous les ans.

Mots clés : Maserati | Karif | Biturbo | Turbo | V6 | GT ǀ Grand Tourisme ǀ 2+2 ǀ Coupé Sport | Modène | Italie | MASERATI | KARIF BITURBO | GRAND TOURISME ǀ COUPE SPORT

CATALOGUES – BROCHURES – PROSPECTUS

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TOP Exclusivité ǀ Ligne originale ǀ Performances ǀ V6 biturbo fiabilisé ǀ Présentation intérieure soignée ǀ Equipement de série ǀ Confort ǀ Freinage ǀ autobloquant de série ǀ Blason prestigieux ǀ Train AV solide FLOP Places AR inutiles ǀ Motricité ǀ Démultiplication direction ǀ tarif élitiste ǀ Image de la famille Biturbo ? ǀ Réalité de la puissance annoncée ? ǀ jantes de 15 pouces seulement ǀ Répartition des masses


Fiche Technique

Marque :
Gamme :
Année :
PA – Prix neuf :
Moteur :
Puissance :

Couple :

Suralimentation:

Transmission :

Poids (RPP) :
Freins :
Roues :

Performances :

Maserati
Karif Biturbo
1988
12 CV – 385 000 €
6 cylindres en V 18 soupapes (2×1 ACT) –2 790 cm3
250 ch à 5 600 tr/mn (89,61 ch/litre)- Catalysée 225 ch à 5 500 tr/mn (80,65 ch/litre)
383 Nm à 3 600 tr/mn (137,28 Nm/litre) – Catalysée 363 Nm à 3 500 tr/mn (130,11 Nm/litre)
2 turbocompresseurs IHI RHB52 (Ø 0,6 bars) + 2 échangeurs air/air
propulsion + BV5 manuelle ZF + autobloquant AR Ranger (Torsen)
1 281 kilos (5,12 kg/ch) – Catalysée 1 348 kilos (5,99 kg/ch)
2 disques ventilés AV et 2 disques pleins AR
jantes alu 15″ AV et AR + pneus en 205/50 VR 15 AV et 225/50 VR 15 AR
0 à 100 km/h en 4″9 ; 255 km/h, km DA en ND – Catalysée 0 à 100 km/h en ND ; 230 km/h, km DA en ND

Textes : Morgan Goupil (Alis Webzine) – Photos : D.R

Maserati Karif Biturbo
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  • Maserati 2.24v Biturbo Maintenant que les errements de jeunesse de la saga Biturbo semble de l’histoire ancienne, Maserati sous l’égide d’Alejandro de Tomaso est prêt à aller de l’avant côté sport et performances. Et c’est la 222 avec sa petite cylindrée favorable à la fiscalité italienne dissuasive au-delà de 2 litres qui va évoluer en adoptant 24 soupapes. ...
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  • Maserati 222 E Biturbo Difficile de suivre la saga des Maserati Biturbo tant le propriétaire de la marque, le passionné et fort en caractère Alejandro de Tomaso joue avec les différents éléments de son puzzle industriel sous le signe du Trident. Coupé, Spyder, berline, trois empattements, plusieurs V6 biturbo (2,0 ; 2,5 ; 2,8)… pas évident de s’y retrouver. ...
  • Maserati – Histoire L’histoire de Maserati est avant tout l’histoire d’une famille : celle de Rodolfo Maserati, un cheminot sous la monarchie italienne, de Carolina Losi et de leurs sept enfants. À cette époque, il n’était pas donné à tous de travailler sur le « grand cheval d’acier qui crache de la vapeur ». Dans un certain sens, ...
  • Maserati Indy 4200 Initialement dévoilée sous la forme d’un prototype sur le stand Vignale au salon de Turin, c’est finalement en mars 1969 à Genève que Maserati confirme la Maserati Indy. Tracée par Virginio Vairo et Delio Meinardi, la Maserati Indy doit son nom aux succès de la firme au Trident dans la mythique course américaine en 1939 ...
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  • Maserati 3200 GT Sous le patronage de Ferrari et Luca di Montezemolo, Maserati met définitivement un terme à l’héritage de l’ère de Tomaso. Exit la saga des Maserati Biturbo, aussi charmeuses que particulières et à l’efficacité en amélioration uniquement en fin de carrière. C’est Giorgetto Giugiaro qui préside au dessin de la nouvelle GT ornée du Trident commercialisée ...
  • Sortie Circuit La Ferté Gaucher – 12 mars 2016 – Association Gentlemen Driver  L’association des Gentlemen Drivers entame sa saison 2016 avec un programme de sorties circuits pour pilotes du dimanche (ou du samedi en l’occurrence) des plus alléchants. Des tarifs contenus, une volonté de permettre à tous types de niveaux et de véhicules de pratiquer le pilotage sur circuit en toute confiance et sécurité, tel est le leitmotiv ...
  • Maserati Quattroporte 4L7 S Depuis 2004, la Quattroporte apporte une réponse exotique de Maserati dans le segment très sérieux des berlines de luxe. En 2008, petit facelift bien vu avec l’adoption des feux leds et la calandre inspirée de la GranTurismo. L’habitacle n’évolue que par détails (ergonomie et télématique), tandis c’est sous le capot que cela change. La GranTurismo ...

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